Distribution de « soupe au lard » à Nice

Une soupe populaire avec du porc servie aux SDF de Nice par une association d’extrême droite provoque l’émoi du milieu caritatif local, qui dénonce une initiative « discriminatoire », tandis que les pouvoirs publics se disent pour l’instant impuissants.

Depuis trois semaines, chaque mercredi soir, devant l’église Lympia sur le port, une dizaine de militants de l’association Soulidarietà, proche du groupuscule nationaliste Bloc identitaire, distribue aux sans-abri une soupe incorporant du porc, excluant de fait ceux de confession musulmane ou juive.

« Nous tenons à incorporer du lard dans cette soupe populaire parce que nous vivons en France, pays dans lequel le cochon a toujours tenu une place prépondérante dans l’alimentation traditionnelle de ses habitants », explique un tract diffusé par l’association, qui a installé sa camionnette juste à côté d’une soupe diocésaine.

Pour le Dr Noël Ayrault, adjoint au maire de Nice chargé de la santé et de l’action humanitaire, la mairie est impuissante: « Ils ont des comportements discriminatoires et provocateurs mais on attend qu’il y ait une infraction », explique-t-il.

« J’ai dialogué avec eux pour leur dire qu’on doit aider toute personne indigente, quelle que soit sa race ou sa religion », ajoute-t-il.

Comme la mairie, la préfecture des Alpes-Maritimes dit ne rien pouvoir faire: « Aucune loi n’interdit de distribuer de l’aide alimentaire aux gens dans le besoin.

Nous sommes conscients que la soupe exclut des malheureux pour leur religion.

il n’y a pas d’obligation pour les SDF de la prendre ni de trouble à l’ordre public, nous ne pouvons pas intervenir », indique-t-on au cabinet du préfet.

La préfecture de Paris, sur demande du conseil municipal de la capitale, avait interdit en janvier une distribution de « soupe au lard », au motif que le Bloc identitaire ne disposait pas d’autorisation administrative.

Noël Ayrault affirme avoir proposé à la préfecture de porter plainte pour « incitation à la haine raciale » à partir du tract diffusé par l’association Soulidarietà.

Fanch