Six hommes de 28 à 53 ans ont été condamnés lundi (bien lundi) par le tribunal correctionnel de Melun (Seine-et-Marne) à des peines allant de un an de prison ferme à quatre mois ferme pour avoir acheté des cassettes pornographiques pédophiles sur un site internet russe entre 1999 et 2001.
Il leur était également reproché d’avoir stocké dans leurs ordinateurs près de 50.000 photos du même type. Pour ces délits, ils encouraient jusqu’à cinq ans ferme.
C’est la découverte puis le démantèlement du site en décembre 2000 par la police russe, qui a permis plusieurs interpellations dans six pays dont les Etats-Unis (où il y a eu 22 arrestations), les Pays-Bas, l’Arabie Saoudite et l’Italie.
Baptisé « blueorchidée », le site avait changé plusieurs fois de nom. Les enquêteurs russes ont finalement retrouvé un fichier client qui leur a permis de remonter jusqu’aux acheteurs.
Les vidéos mettent en scène des relations hétérosexuelles ou homosexuelles entre des enfants de 8 à 14 ans dans des lieux sordides et parfois avec la participation d’adultes.
Elles étaient monnayées entre 85 et 200 dollars pièce et les virements devaient être faits par le biais de Western Union garantissant l’anonymat.
Pour éviter toute difficulté aux douanes, les cassettes circulaient sous couvert de jaquettes de documentaires animaliers « National Géographic » ou de dessins animés diffusés sur la première partie des bandes.
Le tribunal a décidé que sur les six condamnés, cinq pourraient exécuter leurs peines en semi-liberté à l’exception d’un absent à l’audience. Pour tous, il y a ajouté une obligation d’un suivi socio-judiciaire pendant trois ans assorti d’un an de prison en cas de non respect de la mesure. Pour l’un des condamnés présents qui avait minimisé les faits en parlant d’une simple « curiosité malsaine » le tribunal a prononcé une injonction thérapeutique.
Tous les autres, d’horizon social différents et qui ne se connaissaient pas, ont reconnu les faits en les expliquant par une frustration sexuelle ou une immaturité affective. L’un des condamnés a expliqué ne jamais avoir pensé « pouvoir tomber aussi facilement sur des images comme ça ».
Après plus de trois heures et demi de débats, le tribunal a prononcé des peines légèrement inférieures à celles demandées par le parquet. « Ce ne sont pas des images virtuelles. Derrière elles, il y a l’exploitation de la misère humaine, de la fragilité d’enfants et de certains parents » avait lancé le procureur de la République.
[source – yahoo.com] (AFP)
