Quand les policiers de la préfecture ont demandé à voir la directrice du très performant petit Lycée Edgar-Poe, à Paris (Xè), c’est en bouffon du roi qu’elle s’est présentée.
Eux venaient discuter barrières de sécurité à installer dans la rue.
Et, pas plus que les 250 élèves et 26 enseignants de cet établissement privé sous contrat avec l’État, le Directeur Christian Clinet et sa femme Evelyne ne dérogent à la tradition.
C’est bien aussi de s’amuser !
Une philosophie qu’ils ont adoptée il y a 30 ans, en tant que jeunes professeurs de mathématiques et physique.
Et pratiquent encore avec la foi du charbonnier, contrairement à d’autres, plus « portés au broyage des élèves qu’à leur encouragement ».
Les résultats sont probants: depuis deux ans, « le lycée des ex-glandeurs », comme le surnomme une ancienne élève, affiche un taux de 98% de réussite au baccalauréat et se classe 7è parmi les meilleurs lycées parisiens (73 lycées publics et autant de privés sous contrat).
Notamment pour sa capacité à faire progresser les élèves.
« Certains changent de voie avant le bac, mais aucun ne part d’ici sans projet », insiste Evelyne Clinet, 54 ans.
Notre souhait, c’est que les élèves soient plus heureux, qu’ils deviennent des pousses de citoyens et retrouvent leur estime de soi ».
Manon, 19 ans, élève de 1ère L., raconte sa « surprise », lorsqu’après avoir changé cinq fois de collège et de lycée, j’ai découvert qu’ici, on me faisait confiance.
Que je n’étais pas forcément une nulle.
Pour la première fois, je pouvais parler aux profs et au directeur ».
« Edgar-Poe fait partie de ces quelques établissements très impliqués dans l’accompagnement d’adolescents.
Et il sait maintenir la juste distance entre élèves et professeurs, c’est-à-dire, ni anonymat ni copinage.
Un exercice périlleux dans les grosses structures du public, où les enseignants sont débordés ».
A Edgar-Poe, les frais de scolarité sont d’ailleurs plus élevés.
« Nous le regrettons, bien sûr, mais cela s’explique par le nombre d’heures de cours supplémentaires, demi-groupes, devoirs surveillés, options et par l’implication accrue des professeurs ».
« Nous voulions organiser des activités dont on pourrait tirer un bénéfice scolaire, sans que l’objectif premier soit scolaire ».
Fanch
