La proposition de Nicolas Sarkozy de créer un « ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale » a été vivement critiquée vendredi par ses adversaires, tout comme la perspective d’une nouvelle loi sur le sujet.
« Une frontière a été franchie », a jugé François Bayrou, tandis que François Hollande déplorait « un flirt poussé avec les thèses du Front national ».
Lors de l’émission « A vous de juger » sur France-2, le candidat de l’UMP a redit jeudi son souhait de renforcer à nouveau les conditions d’accès au regroupement familial par une loi qui imposerait aux familles des étrangers installés en France d’apprendre le français, « ou en tout cas des rudiments de français avant de venir en France ».
Il a réaffirmé sa volonté de créer un grand ministère regroupant toutes les compétences liées à l’immigration, qui aurait aussi des compétences en matière d « Identité nationale ».
Pour le député UMP Thierry Mariani, rapporteur des lois de 2003 et 2006 sur l’immigration, le nom de ce nouveau ministère « fixe vraiment l’enjeu: faire de l’immigrant un Français et que l’identité nationale soit transmise ».
« L’enjeu, c’est de reformer une machine à intégrer », a-t-il expliqué.
« C’est un constat d’échec », estime au contraire le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande, qui a rappelé vendredi sur France-Info que Nicolas Sarkozy, « ministre de l’Intérieur depuis cinq ans, a fait voter deux lois sur l’immigration ».
« Et maintenant dans la campagne présidentielle, tout à trac, il nous annonce une nouvelle loi, un nouveau ministère ».
Les déclarations de Nicolas Sarkozy visent à « donner des gages aux thèses xénophobes et racistes du Front national », ce qui « est indigne d’un candidat républicain », a-t-elle jugé.
Interrogé sur LCI, Nicolas Dupont-Aignan (ex-UMP), président de « Debout la République » a préconisé « la suspension du regroupement familial qu’il faut oser accomplir ».
Fanch
