Les « grands partis » mettent la présidentielle sous cloche

La course aux parrainages entre dans sa dernière ligne droite.

A deux mois du premier tour de la présidentielle, la période de collecte officielle des signatures d’élus débute jeudi, pour s’achever le 16 mars.

Simple formalité pour les candidats UMP, PS, UDF et PCF, cette étape obligatoire s’avère beaucoup plus délicate pour les autres prétendants à l’Elysée.

Prudence étant mère de sûreté, tous croient en leurs chances mais restent vigilants.

Pour pouvoir se présenter, chaque candidat doit déposer d’ici le 16 mars au Conseil constitutionnel une liste de 500 parrainages d’élus issus d’au moins 30 départements, sans que plus de 50 de ces signatures ne puissent provenir du même département.

Ils peuvent piocher dans un réservoir d’environ 43.000 élus.

Cette année, la chasse aux signatures aura été un effort de longue haleine chez les « petits » candidats qui ne peuvent s’appuyer sur un fort réseau d’élus.

A un mois de la date limite, tous affichent le même état d’esprit: optimisme et vigilance.

Nombre de sois disant petits candidats risquent de ne pas être présent pour se présenter au suffrage universel.

La faute à l’UMP et au PS qui font pression sur leurs élus. Tout est bon : « chantages aux subventions… »

Il y a ceux qui affirment avoir déjà réuni les 500 promesses.

C’est le cas d’Arlette Laguiller (LO), de Gérard Schivardi, candidat du Parti des travailleurs (PT), et de Rachid Nekkaz, président du « Club des élus Allez France ».

« Nous en sommes autour de 510 », explique Henriette Mauthey, attachée de presse de Lutte ouvrière.

« On y arrive, nous avons toutes les raisons d’être optimistes.

Mais ce ne sont que des promesses ».

Au PT, on se contente de dire que Gérard Schivardi a recueilli « plus de 500 signatures » depuis novembre dernier.

Rachid Nekkaz, lui, affirme en disposer de 517.

D’autres n’en sont pas encore là, mais croient en leurs chances.

Nicolas Dupont-Aignan (ex-UMP), candidat à l’élection présidentielle, a indiqué lundi disposer à ce jour de 425 parrainages et s’est dit confiant pour réunir les 500 requis.

Les formulaires de parrainages des candidats seront envoyés jeudi aux élus et devront être retournés au Conseil constitutionnel d’ici au 16 mars.

Le député de l’Essonne a dénoncé « les pressions » exercées, selon lui, sur les maires et réclamé pour les élus « la garantie de l’anonymat » des parrainages.

M. Dupont-Aignan a ajouté que s’il ne les avait pas, d’autres candidats seraient dans le même cas, et « il y aurait un tremblement de terre ».

Jean-Marie Le Pen, président du Front national et candidat à la présidentielle, a affirmé dimanche qu’avec « 450 à 500 » promesses de signatures, il n’avait toujours pas « le nombre de signatures nécessaires » pour déposer officiellement sa candidature.

« Je n’ai pas, actuellement, le nombre de signatures nécessaires », a dit M. Le Pen au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, en précisant qu’il en avait « entre 450 et 500: c’est très insuffisant pour que je me sente à l’aise ».

Philippe de Villiers (MPF), Frédéric Nihous (CPNT), Corinne Lepage (Cap 21), José Bové et Olivier Besancenot (LCR) entrent dans cette catégorie.

« On avait 426 promesses de parrainages au 14 février.

On a eu de très bonnes retombées après l’émission de TF1 (J’ai une question à vous poser, du lundi 12 février, NDLR) », confie Guillaume Peltier, directeur de la campagne de Philippe de Villiers.

« Je suis persuadé que le 16 mars, on sera capable bien évidemment d’avoir plus de 500 signatures », ajoute-t-il.

Même sérénité pour Frédéric Nihous, candidat de Chasse Pêche Nature et Traditions (CPNT), qui peut se reposer sur la forte implantation locale de sa formation.

Olivier Martin, membre de la direction nationale de la LCR, observe aussi que « c’est toujours aussi dur avec les blocages ».

Fanch