Au Sénat, où débute l’examen du CPE, l’affrontement va être musclé

jeudi 23 février, au Sénat, a débuté l’examen du projet de loi sur l’égalité des chances, incluant le contrat première embauche (CPE).

Le gouvernement entend boucler cette première et dernière lecture au Palais du Luxembourg le 3 mars, soit avant la fin des vacances scolaires pour couper court aux manifestations, tandis que la gauche voudrait faire traîner les débats en longueur jusqu’à la journée de mobilisation anti-CPE du 7 mars.

Comme leurs collègues de l’Assemblée nationale, les sénateurs PS, PCF et Verts ont d’emblée mis en oeuvre une stratégie d’usure.

La gauche a lancé la discussion à coups de rappels au règlement et de demandes satisfaites, de suspensions de séance et a surtout déposé plus de 600 amendements “350 pour le PS et 250 pour le PCF” et trois motions de procédure.

Mercredi après-midi, un débat sur l’Union européenne qui devait se dérouler dans l’hémicycle a finalement déménagé dans une salle de réunion.

Et dans la nuit, un élu a fait suspendre sine die l’examen du projet de loi sur le volontariat associatif, qui risquait de repousser de quelques heures l’examen du CPE.

Le président du groupe socialiste, Jean-Pierre Bel, a accusé l’UMP et le gouvernement de vouloir « escamoter le débat au Sénat » par des « tripatouillages de l’ordre du jour ».

Pour le PCF, Roland Muzeau a estimé de son devoir d « alerter notre peuple sur la dérive antidémocratique du gouvernement » et demandé la levée de l’urgence sur ce texte (procédure qui permet son adoption au terme d’une seule lecture dans chaque chambre), tandis que fusait un « URSS, URSS » des rangs de la droite sénatoriale.

David Assouline (PS) a exhorté les sénateurs à « arrêter d’être des godillots ».

Fanch