Des organisations syndicales mettent l’accent sur des pressions exercées à l’ANPE pour expliquer l’ampleur de la décrue du nombre des chômeurs.

Le décalage entre la baisse statistique du chômage en France depuis fin mars et la stagnation des créations d’emploi alimente interrogations et scepticisme dans les rangs syndicaux.

Force ouvrière et la confédération des cadres CFE-CGC ont mis vendredi l’accent sur des pressions exercées à l’ANPE pour expliquer l’ampleur de la décrue du nombre des chômeurs.

« Quand on analyse un peu finement depuis le mois de juin, depuis l’entrée en action du gouvernement de M. de Villepin, on s’aperçoit qu’il y a une formidable pression qui est exercée sur l’ensemble du service public de l’emploi », a estimé le nouveau président de la CFE-CGC, Bernard van Craeynest, sur RMC Info.

Cette pression, a-t-il ajouté, est exercée par les pouvoirs publics à tous les niveaux, « que ce soit l’ANPE, les Assedic ou les missions locales » de l’emploi, pour proposer aux chômeurs des formations ou des contrats d’insertion.

Force ouvrière a insisté sur « un contrôle renforcé de l’ANPE aboutissant à une augmentation des radiations pour absence au contrôle ».

L’analyse des radiations administratives de l’ANPE, effectuées notamment en cas de recherche d’emploi insuffisante, semble par ailleurs réfuter l’accusation de FO.

Entre mars et novembre 2005, il y a eu 284.500 radiations administratives, contre 285.000 au cours de la même période de 2004, selon un calcul effectué par Reuters.

L’Insee, dans sa dernière note de conjoncture, avance d’autres hypothèses pour expliquer la diminution du nombre des chômeurs ces derniers mois.

Il évoque « une modification de la gestion administrative des demandeurs d’emploi par l’ANPE ou du comportement d’inscription des chômeurs à l’ANPE ».

Depuis fin mars, 157.900 demandeurs d’emploi de moins ont été enregistrés à l’ANPE dans la catégorie 1 (chômeurs cherchant un emploi à plein temps et à durée indéterminée, dont l’activité réduite est inférieure à 78 heures dans le mois).

Selon les dernières données disponibles, en octobre, seuls 58,8% des demandeurs d’emploi bénéficiaient d’une indemnisation.

Fanch