La polémique enfle autour d’Arno Klarsfeld

Quelques jours après sa désignation par Nicolas Sarkozy pour mener une réflexion sur la loi de 2005, l’avocat Arno Klarsfeld doit déjà répondre à ses détracteurs, qui lui reprochent notamment son engagement dans le conflit israélo-palestinien et plus précisément son passage, en 2003, dans les rangs des gardes-frontières en Israël où le jeune avocat a choisi d’effectuer son service militaire.

« Israël n’aurait sans doute jamais dû conquérir Gaza ».

Face au refus du monde arabe et des Palestiniens, Israël a laissé le mouvement des colonies se développer.

La colonisation a été d’abord sécuritaire, ensuite idéologique.

Lundi 26 décembre, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples [MRAP] a contesté dans un communiqué ses « compétences » et sa « légitimité » pour se prononcer sur la loi du 23 février 2005 exaltant le « rôle positif » de la colonisation et réfléchir à l’ensemble des lois portant un jugement sur l’histoire.

« Le MRAP, qui prépare avec l’association Au nom de la mémoire, une grande mobilisation unitaire à l’occasion du premier anniversaire de cette loi inique, estime qu’Arno Klarsfeld n’a ni les compétences ni la légitimité pour une telle mission », a indiqué le secrétaire général du MRAP Mouloud Aounit, qualifiant l’avocat de « militant actif de la colonisation », en référence à son service militaire israélien.

« Peut-on faire confiance dans ce domaine à un défenseur de la colonisation israélienne qui, après avoir pris la nationalité israélienne, a servi volontairement dans une unité de gardes-frontières de l’armée israélienne et a participé délibérément à l’humiliation et à la répression de la population palestinienne ? », a-t-il ajouté, lui reprochant en outre d’être « un farouche défenseur de la guerre coloniale contre l’Irak ».

Arno Klarsfeld creuse également des pistes de réflexion sur la question israélo-palestinienne et souligne son attachement à une solution pacifique du conflit avec les Palestiniens qui, selon lui, vivront dans la dignité ausitôt qu’ils disposeront d’un Etat viable et indépendant.

Fanch