L’endettement des Français dépasse Les 62 % de leur revenu disponible

La Banque de France dans son dernier bulletin mensuel, publié lundi 26 décembre, s’alarme que l’endettement des Français ait dépassé, à la mi-2005, le niveau sans précédent de 62 % de leur revenu disponible, contre près de 40 % en Italie et 100 % en Allemagne.

La majorité des prêts immobiliers est à taux fixe, mais la part des crédits à taux variable augmente.

Si les ménages contractent des prêts immobiliers pour une durée moyenne de quinze à vingt ans, celle-ci tend à s’allonger, constate la Banque de France.

Nombre d’éléments ont concouru à cette hausse : des taux d’intérêt très bas, des banques moins exigeantes, mais aussi des incitations fiscales mises en place par Nicolas Sarkozy, quand il était ministre de l’économie, pour favoriser le crédit à la consommation.

 » Bercy est très favorable à la poursuite de cet endettement des ménages, avec l’idée saugrenue que l’on aurait une marge de manoeuvre pour endetter nos ménages », regrette un dirigeant de la Banque de France, où l’on pointe que le nombre de dossiers présentés aux commissions de surendettement a plus que doublé entre 1995 et 2002, et qu’il a encore progressé de plus de 30 % entre 2002 et 2004.

Dans son bulletin mensuel, l’institut d’émission se félicite de « l’absence, en France, d’un dispositif juridique d’hypothèque rechargeable », qui permet à un propriétaire endetté, au fur et à mesure qu’il rembourse son emprunt immobilier, de contracter de nouveaux emprunts, assis sur la valeur de son bien et non pas sur ses revenus.

Ce mécanisme, s’il devait voir le jour en France, affirme la Banque de France, aurait « un effet significatif sur la distribution du crédit, notamment en direction de populations qui en sont actuellement écartées ».

Or, c’est justement ce que compte faire le gouvernement : il travaille à la mise en place, au printemps 2006, d’un prêt hypothécaire rechargeable Voir l’article.

« On s’expose à des chocs, en cas de retournement des prix de l’immobilier ou de hausse des taux d’intérêt », craint-on à la Banque de France, qui cite l’exemple de la Hollande, où « l’éclatement de la bulle immobilière est à l’origine des mauvaises performances de la croissance ces dernières années ».

« C’est pour cela que nous avons adopté une solution prudente, explique-t-on à Bercy, au fur et à mesure que l’emprunteur remboursera son crédit immobilier initial, il pourra souscrire à de nouveaux emprunts.

C’est bien parce que la consommation est le moteur exclusif d’une croissance peu dynamique qu’il faut la soutenir, jugent-ils.

Fanch