Pologne: sommet pour un Conseil de l’Europe en quête d’identité

Le Conseil de l’Europe réunit lundi et mardi à Varsovie les plus hauts dirigeants du continent européen pour un Sommet qui devra définir la place de la doyenne des institutions européennes dans la nouvelle architecture européenne.

Les relations entre le Conseil de l’Europe, l’Union européenne, dont les 25 membres sont depuis le 1er mai 2004 majoritaires au Conseil de l’Europe, et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE, 55 membres) seront au coeur des débats qui doivent préciser les objectifs et priorités du Conseil pour les années à venir.

« Nous devons trouver des partenariats, des synergies, des terrains de complémentarité », explique le secrétaire général du Conseil de l’Europe, le Britannique Terry Davis qui souhaite à l’avenir éviter de coûteux doublons et d’ennuyeuses interférences entre les travaux des trois institutions.

Ce troisième Sommet, après ceux de Vienne en 1993 et de Strasbourg en 1997, sera un « succès si les chefs d’Etat et de gouvernement clarifient » le rôle du Conseil de l’Europe « et ses responsabilités ainsi que ses relations avec l’OSCE et l’UE », précise-t-il. Les compétences des trois organisations se recoupent souvent y compris sur les terrains de prédilection du Conseil de l’Europe qui sont les droits de l’Homme, la démocratie et l’Etat de droit.

Entre 50 et 60 hauts dirigeants sont attendus à Varsovie, selon le Conseil de l’Europe. L’organisation cite entre autres les présidents géorgien Mikhaïl Saakachvili et ukrainien Viktor Iouchtchenko, le chancelier allemand Gerhard Schröder, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, le vice-Premier ministre britannique John Prescott, le ministre des Affaires étrangères français Michel Barnier.

Les participants devront définir le rôle et les domaines d’action du Conseil de l’Europe au cours de trois débats majeurs: « l’unité européenne, les valeurs européennes », « les défis posés aux sociétés européennes » et « l’architecture européenne ». Une déclaration et un plan d’action seront adoptés à l’issue du Sommet. Après une fin de XXème siècle, marquée par l’éclatement de l’ex-bloc communiste et l’émergence de nouveaux Etats auxquels le Conseil de l’Europe a servi de catalyseur démocratique, ce 3ème Sommet tentera également de définir des pistes pour promouvoir la démocratie en tant que préoccupation commune aux 46 Etats membres.

Par ailleurs, la nécessité de la mise en oeuvre urgente d’une réforme pour permettre à la Cour européenne des droits de l’Homme, un des fleurons du Conseil de l’Europe, de rationaliser le traitement de l’afflux sans cesse croissant du nombre de requêtes, sera rappelée aux Etats membres.

La traite des êtres humains, le terrorisme, la protection des minorités nationales, le blanchiment d’argent, la corruption, le crime organisé, la violence envers les enfants, l’utilisation de l’Internet, la liberté de circulation des Européens en Europe, les flux migratoires et les déplacements de populations seront également à l’ordre du jour.

Trois Conventions portant sur la prévention du terrorisme, le blanchiment d’argent et la lutte contre la traite des êtres humains seront par ailleurs ouvertes à la signature à l’occasion du Sommet.

[source – yahoo.com] (AFP)