Israël ne projette pas d’attaque des sites nucléaires iraniens

Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a déclaré, à l’issue de discussions avec des responsables américains sur le programme nucléaire iranien, qu’Israël n’avait pas l’intention d’attaquer l’Iran pour l’empêcher de se doter de la bombe atomique.

« Israël ne mène pas la lutte. Bien sûr, nous échangeons des renseignements, nous échangeons nos vues, nous discutons de ces questions, mais cela ne veut pas dire que nous préparions une attaque militaire de l’Iran », a dit mercredi Sharon dans une interview à CNN.

« Bien sûr, nous prenons toutes les précautions et toutes les mesures pour nous défendre. Mais cela ne veut pas dire qu’Israël doivent donner la réponse à un problème international », a dit le chef du gouvernement israélien dans une autre interview accordée à Fox News.

Considéré comme la seule puissance nucléaire du Proche-Orient, Israël a bombardé en 1981 le réacteur nucléaire irakien Ossirak.

Insatisfait des efforts déployés par la diplomatie européenne pour obtenir de l’Irak qu’il renonce à l’enrichissement d’uranium – processus qui peut être utilisé pour produire des armes nucléaires – Israël a réclamé des sanctions des Nations unies à l’encontre de l’Iran.

Sharon a discuté de « la menace nucléaire de l’Iran » au cours de son entretien, mardi à Washington, avec le vice-président Dick Cheney, a déclaré un haut responsable israélien. Il a aussi abordé la question lundi avec le président George Bush, dans son ranch texan.

L’Iran affirme vouloir réserver le nucléaire à des usages civils. Il a suspendu son programme d’enrichissement mais refuse de renoncer à titre permanent à ce qu’il considère comme un droit souverain de produire de l’uranium faiblement enrichi comme combustible pour des centrales nucléaires.

POINT DE NON RETOUR

« Il y a une limite dans le temps parce que l’Iran atteindra bientôt le point technologique du non retour », a souligné le responsable israélien. « Nous ne parlons pas de quand l’Iran pourra produire des armes nucléaires, mais de quand il aura la capacité technologique de le faire ».

« Aucune action immédiate n’a été entreprise contre l’Iran. Il nous faut saisir le Conseil de sécurité de l’Onu. Ce sont les seuls à avoir les moyens de traiter » cette question, a-t-il ajouté.


Des experts indépendants ont exprimé des doutes sur la capacité d’Israël ou des Etats-Unis de monter une opération semblable à celle d’Ossirak en Iran, où les installations nucléaires sont dispersées et fortifiées.

Sharon a dit à CNN qu’il était « fier » d’avoir été un décideur en Israël à l’époque du raid contre le réacteur Ossirak, mais il a souligné que le problème était différent en Iran.

« Ici, la situation est différente. Le problème est différent et beaucoup plus large », a affirmé Sharon, ajoutant qu’une coalition internationale devrait coopérer à faire cesser le programme nucléaire iranien.

Le New York Times écrivait mercredi que, selon des responsables américains, Sharon avait remis à Bush des photos aériennes de sites en Iran et l’avait exhorté à accentuer la pression sur la République islamique pour qu’elle renonce à son programme nucléaire.

Selon le Times, Sharon a fait valoir que les pays européens négociant avec l’Iran avaient assoupli leur position et pourraient accepter qu’il conserve sa technologie d’enrichissement de l’uranium.

Toujours selon le journal, les responsables américains ont donné une interprétation différente aux documents produits par Sharon et ils croient que l’Iran ne pourra vraisemblablement pas se doter d’armes nucléaires avant plusieurs années.

« Nous avons la preuve que l’Iran multiplie les efforts pour posséder des armes nucléaires », a dit Sharon à CNN, sans s’étendre sur la question.

[source – yahoo.com] (Reuters)