Plongeon des prix du pétrole après un bond surprise des stocks américains

Après une chute de 13% en huit jours, les prix du pétrole ont accéléré leur plongeon vers la barre symbolique des 50 dollars le baril mercredi, à la suite d’un bond inattendu des stocks pétroliers aux Etats-Unis.

A New York, le baril de brut pour livraison en mai est tombé jusqu’à 50,36 dollars après la publication des chiffres américains à 14H30 GMT, son plus bas niveau depuis le 22 février.

Il a chuté de près de 8 dollars au cours des huit derniers jours ouvrables, soit 13,6%. Il avait atteint un record historique le 4 avril, à 58,28 dollars.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord a reculé jusqu’à 50,60 USD, son plus bas depuis le 3 mars et un niveau 12% inférieur à son record établi le 4 avril à 57,65 USD.

Les cours ont ensuite regagné un peu du terrain perdu, car des investisseurs ont profité de la chute des cours pour acheter à moindre prix. Vers 16H00 GMT, les cours chutaient de 1,16 dollar à 50,70 USD à New York et de 1,02 USD à 50,96 USD à Londres.

Dans son rapport hebdomadaire paru mercredi, le département américain de l’Energie (DoE) a fait état d’une hausse de 3,6 millions de barils (Mb) des stocks de brut la semaine dernière, à 320,7 Mb. C’est sept fois plus que ce à quoi s’attendaient les analystes.

L’Institut américain du pétrole (API), privé, a rapporté un bond encore plus grand de ces stocks, de 4,04 Mb à 325,34 Mb.

Après neuf semaines consécutives de hausse, les stocks de brut américains sont désormais à leur plus haut niveau depuis juin 2002.

Le niveau des réserves d’essence a également excédé les prévisions des analystes, qui misaient sur des stocks inchangés ou en légère hausse de moins de 100.000 barils.

Les réserves d’essence ont progressé pour la première fois en six semaines, pour s’établir à un niveau 8% supérieur à celui de l’an dernier à la même époque. Un constat rassurant avant le coup d’envoi, fin mai, de la haute saison de consommation aux Etats-Unis.

D’après le DoE, ces réserves ont progressé de 800.000 barils la semaine dernière, tandis que l’API a calculé un bond de 2,94 Mb.


« Dans l’ensemble, ce sont des chiffres baissiers » pour les cours, commente Frédéric Lasserre, analyste à la Société Générale. « On a des remontées de stocks de brut qui sont plus importantes que prévu, et des stocks d’essence en hausse, ce qui n’était pas anticipé par tout le monde », relève-t-il.

« Grosso modo, c’était vraiment ce dont le marché avait besoin pour retrouver un peu de détente », juge-t-il.

Le seuil des 50 dollars le baril pourrait ainsi, selon lui, « très facilement » être atteint dans un avenir proche.

Pour Tim Evans, analyste au groupe d’analyse IFR Markets, « la tendance haussière des stocks de brut indique que le marché a été dans une situation de surplus physique depuis des mois ».

« Il est probable qu’un surplus de production plus marqué se développe dans le courant du deuxième trimestre », estime-t-il.

Car l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) pourrait à nouveau augmenter sa production en mai, comme le souhaitent son chef de file, l’Arabie saoudite, et son président, le Koweïtien Ahmad Fahd al-Sabah.

Le cartel pourrait relever ses quotas de production de 500.000 barils par jour le mois prochain, à 28 millions de barils par jour (mbj), dont 300.000 barils fournis par Ryad.

« L’Opep cherche à renflouer les stocks mondiaux en prévision d’un bond attendu de la demande plus tard cette année, mais cette stratégie est critiquée par certains membres, dont le Nigeria et l’Algérie, pour qui il n’y a aucune raison d’augmenter davantage la production », soulignent les analystes de la maison de courtage Sucden.

Ultime facteur pesant sur les cours, l’Agence internationale de l’Energie (AIE) a, pour la première fois depuis quatre mois mardi, infléchi sa prévision de demande mondiale.

[source – yahoo.com] (AFP)