Dernière journée d’audition pour Microsoft à Bruxelles

L’audition à huis clos de Microsoft devant des responsables de la Commission européenne est entrée vendredi dans son troisième et dernier jour, le numéro un mondial du logiciel se préparant à subir les critiques de ses concurrents à propos de ses pratiques commerciales.

Les représentants de l’exécutif européen ont accusé Microsoft de pratiques anticoncurrentielles et d’abus de position dominante sur le marché des systèmes d’exploitation afin d’obtenir un avantage dans les autres secteurs.

Selon un agenda obtenu par Reuters, l’audition a débuté vendredi par des déclarations orales des deux compagnies qui disent avoir le plus souffert des pratiques déloyales de Microsoft, Sun Microsystems et RealNetworks.

La Commission estime que l’utilisation de Windows Media Player a bondi depuis que Microsoft en a intégré une version améliorée dans Windows en 1999, ce qui lui a permis une meilleure progression que le logiciel RealPlayer de son concurrent RealNetworks.

La Commission européenne a proposé à Microsoft de retirer son lecteur multimédia de Windows afin que les fabricants d’ordinateurs puissent choisir d’installer un logiciel multimédia de leur choix.

L’autre grand sujet de discussions concerne le marché des logiciels pour serveurs où Sun est un acteur majeur et accuse Microsoft de ne pas avoir communiqué à ses concurrents assez d’informations pour s’assurer que leurs produits soient pleinement compatibles avec Windows.

La seconde partie de la journée devrait être consacrée à l’audition d’associations industrielles plutôt favorables à Microsoft, suivie par la possibilité pour la Commission et l’éditeur de formuler leurs conclusions.

PRATIQUES DÉLOYALES

Les arguments avancés par l’éditeur américain et par ses détracteurs n’ont pas comporté de surprise au cours des deux jours passés, mais les observateurs tentent de lire entre les lignes pour deviner si un accord à l’amiable pourra être négocié à l’issue de l’enquête qui a déjà duré cinq ans.

Un des adversaires de Microsoft, le responsable de la Computer and Communications Industry Association, a estimé à son arrivée que la Commission devrait lourdement pénaliser l’éditeur.

« Je ne crois pas que quoi que ce soit a été ou sera présenté qui puisse réfuter efficacement la thèse de la Commission. Je pense que (les délibérations de la Commission) amèneront rapidement à une conclusion qui imposera des mesures significatives », a déclaré Ed Black.

Un porte-parole de Microsoft a assuré que l’audition avait été constructive et que la société était déterminée à travailler avec la Commission pour trouver une solution efficace.

Le directeur juridique de Microsoft, Brad Smith, a déclaré jeudi qu’il espérait un accord, mais de sources proches du dossier, il aurait prévenu lors d’une audition que l’éditeur serait forcé de proposer aux consommateurs européens une version de moindre qualité de Windows si l’Union européenne lui demandait de réécrire son système d’exploitation.

La Commission doit rendre sa décision d’ici la fin du mois de juin 2004, mais si Microsoft fait appel, il pourrait entamer une longue procédure devant la Cour européenne de justice à Luxembourg.

[source – yahoo.com] (Reuters)