L’audience en référé vendredi sur le livre de Nadine Trintignant

L’audience en référé visant la suspension de la publication du livre de Nadine Trintignant « Ma fille, Marie », se tiendra vendredi à 11h00 au tribunal de grande instance de Paris, a-t-on appris mercredi auprès de l’avocat de Bertrand Cantat.

Me Metzner a engagé mercredi matin cette procédure d’urgence, dite référé-suspension, visant à suspendre la diffusion du livre jusqu’à la tenue du procès du chanteur de Noir Désir Bertrand Cantat, ou à obtenir la suppression du mot « meurtrier » dans l’ouvrage.

Le livre de Nadine Trintignant sur la mort de sa fille à la suite de coups violents portés par son compagnon Bertrand Cantat, sorti mardi en librairie, a été tiré à 140.000 exemplaires.

La décision du juge des référés devrait être connue dans le courant de la journée de vendredi.

Le livre apparaît comme un cri de haine contre Bertrand Cantat, auteur des coups fatals portés à Marie lors d’une violente dispute à Vilnius (Lituanie), qu’elle appelle le « meurtrier » sans jamais le nommer. « Ma fille, Marie » est la longue lettre d’une mère désespérée et se sentant coupable de n’avoir pu empêcher le drame.

« J’espère bien influencer le procès à travers ce livre et je ne m’en cache pas. Je regrette même qu’il ne sorte pas en Lituanie. Je souhaite que son meurtrier soit puni autant que possible », avait expliqué lundi Nadine Trintignant dans une interview à Elle.

« Je suis convaincue que ton meurtrier t’a battue avant ce sale samedi. Oh, pardon, ma fifille battue. Je n’ai pas compris. Je le hais », écrit la réalisatrice dans son livre. « Ton meurtrier te voulait pour lui seul. Tu as cru que c’était de l’amour. Ce n’était que de l’instinct de possession. Le contraire de l’amour », ajoute-t-elle.

Pour elle, le « meurtrier » souffre notamment de « parano », est « maladivement jaloux » et, surtout, violent. « … On m’a dit qu’il aimait se castagner, avait déjà envoyé des femmes (dont la sienne) à l’hôpital. Elles n’ont pas porté plainte et nient aujourd’hui ce passé encombrant. Elles doivent aussi avoir peur », écrit-elle en poursuivant, plus loin: « C’est sa femme qui, en débarquant à Vilnius, le dimanche soir, a raconté (…) qu’il l’avait souvent battue ».

Nadine Trintignant s’en veut de ne pas avoir compris les signes avant-coureurs du drame. Selon elle, le comportement de sa fille avait changé depuis qu’elle connaissait Cantat.

Questionné sur d’éventuelles réticences à publier ce livre, avant le procès, le Pdg de Fayard, Claude Durand, avait indiqué dimanche qu’elle s’était certainement interrogée, mais qu’elle voulait dire sa « vérité de mère d’une victime » et qu' »un facteur qui a pu jouer est qu’une partie minoritaire des médias a déformé ce qui s’était passé ». L’avocat de la famille Trintignant, Me Georges Kiejman, a été consulté.

Les faits se sont déroulés dans la nuit du 26 au 27 juillet dans une chambre d’hôtel à Vilnius où Marie Trintignant venait de terminer le tournage du téléfilm « Colette », réalisé par Nadine. L’actrice est décédée le 1er août à Paris d’un oedème cérébral.

Par ailleurs, des auditions étaient en cours, depuis mardi, dans le Sud-Ouest de la France « dans l’entourage » de la femme de Bertrand Cantat par les policiers en charge de l’enquête en France sur la mort de l’actrice Marie Trintignant, a-t-on appris mercredi de source proche de l’enquête.

Il s’agit de vérifier si Bertrand Cantat a pu, on non, dans le passé, se révéler violent.

Des policiers de la brigade criminelle, en charge de l’enquête française, se sont rendus depuis mardi dans la région de Bordeaux afin de procéder à des « vérifications qui, en l’état actuel des investigations, ne sont pas de nature à relancer l’enquête ».

Ces auditions étaient toujours en cours mercredi et pourraient durer jusqu’à la fin de la semaine.

L’enquête de la police n’a rien à voir avec le livre de Nadine Trintignant, a-t-on encore précisé de source proche de l’enquête, mais a notamment pour but de vérifier de récentes accusations de la famille de Marie Trintignant sur la présumée violence de Bertrand Cantat à l’encontre d’anciennes relations et de son épouse.

Des enquêteurs de la brigade criminelle avaient déjà procédé à des auditions similaires de deux ex-compagnes du chanteur Bertrand Cantat, fin août, dans la région bordelaise.

Aucun témoignage ni élément matériel « n’accrédite en l’état des investigations la thèse » de la mère de l’actrice sur la violence de Bertrand Cantat envers ses amies et son épouse, la plupart ayant été déjà entendues par les enquêteurs français, a noté la même source.

La maison de la famille de Bertrand Cantat à Moustey, dans les Landes, a été détruite dans un incendie survenu dans la nuit du 10 au 11 septembre alors que le bâtiment était vide.

Le chanteur de Noir Désir fait l’objet de deux enquêtes distinctes en France et en Lituanie et devrait vraisemblablement être jugé en Lituanie, où il est écroué.

[source – yahoo.com] (AFP)