Les Etats-Unis s’interrigent après la grande panne de courant

Les Etats-Unis s’interrigent après la grande panne de courant

L’Est de l’Amérique du Nord se remettait lentement vendredi de la plus grosse panne de courant de son histoire, de nombreux foyers étant toujours privés d’électricité.

3-9.jpgLes autorités tentent de déterminer comment la panne s’est propagée si rapidement sur une zone de 9.300 km2, de New York jusqu’à Cleveland et Detroit aux États-Unis ainsi que, de l’autre côté de la frontière canadienne, à Toronto et Ottawa.

À New York, le maire Michael Bloomberg s’attendait à ce que la ville soit totalement « rebranchée » en cours de journée, mais le métro pourrait ne pas redémarrer pour l’heure de pointe. Le reste de l’État et, du côté canadien, l’Ontario se reconnectaient graduellement au réseau.

La police canadienne recensait quant à elle des incidents de pillage, dont 22 cas à Ottawa, où deux décès peut-être liés à la panne ont été signalés. Les autorités new-yorkaises ont également fait état d’un décès, par crise cardiaque.

La commission de l’Énergie et du Commerce de la Chambre des représentants américaine a déclaré avoir ouvert une enquête, mais son président a précisé qu’une audience n’aurait lieu qu’au début du mois de septembre après les vacances du Congrès.

La Maison blanche a cependant déjà déterminé que les pannes n’étaient pas le fruit d’un acte de sabotage ou d’un attentat terroriste.

DANS LA CONFUSION

Des millions de personnes vivaient dans la confusion vendredi matin, incapables de se rendre au travail, de prendre l’avion ou même d’utiliser le téléphone.

La température pourrait par ailleurs compliquer les choses si elle devait, tel que prévu par les services météo, atteindre 32 degrés Celsius.

En Ontario, province canadienne la plus peuplée avec 10 millions d’habitants, le courant revenait lentement, mais le premier ministre Ernie Eves a invité la population à limiter les dépenses d’énergie et prié les entreprises de rester fermées.

« Ça revient par petites doses », a cependant indiqué un porte-parole du ministère ontarien de la Sûreté et de la Sécurité publique. « Nous prévoyons que le courant reviendra graduellement pendant la journée. Il ne peut revenir partout en même temps. »

L’opérateur de l’Etat de New York et d’autres distributeurs régionaux ont également appelé leurs clients à modérer leur consommation sous peine d’imposer des coupures par roulement afin d’éviter la surcharge du réseau.

Le gouverneur de l’État de New York, George Pataki, s’est demandé comment le système avait pu flancher aussi rapidement.

« Comment cela s’est-il produit, pourquoi, et aussi pourquoi le réseau a-t-il flanché partout alors qu’on nous avait dit, après le ‘blackout’ de 1965, que cela n’arriverait plus jamais? » a-t-il demandé sur les ondes du réseau américain NBC.


Les mesures mises en places après la méga-panne de 1965 devaient, en théorie, isoler les coupures et empêcher qu’elles ne se propagent. Or cela ne s’est pas produit, les centrales ont été surchargées et les disjoncteurs ont tous sauté les uns après les autres.

Selon l’ex-secrétaire américain à l’Énergie, Bill Richardson, la majeure partie du réseau américain a 50 ou 60 ans de service.

« Nous sommes une superpuissance avec un réseau de tiers-monde. Nous avons besoin d’un nouveau réseau », a dit Richardson, aujourd’hui gouverneur de l’État du Nouveau-Mexique.

LE PRESIDENT BUSH VEUT AGIR

Le président américain George W. Bush a lui aussi déclaré vendredi que la panne devait inciter les États-Unis à moderniser leur réseau électrique.

« Cette panne est une incitation au sursaut », a déclaré le président dans les montagnes de Santa Monica, en Californie.

« Cela nous indique qu’il faut moderniser notre réseau d’électricité », a-t-il ajouté.

D’après le président du New York Independant System Operator (ISO), William Museler, les analyses initiales laissent croire que l’incident a débuté dans le Midwest américain. Les autorités fédérales et étatiques poursuivent leur enquête.

Les compagnies aériennes ont quant à elles annulé des centaines de vols et les aéroports tentaient difficilement de remettre leurs services en ordre en estimant qu’il faudra du temps avant de mesurer l’ampleur du chaos causé par la panne.

American Airlines a affirmé avoir annulé 183 vols, tandis que US Airways en a sabordé 39, la plupart aux aéroports de Detroit et de LaGuardia.

Air Canada espérait reprendre ses vols d’ici le milieu de la journée vendredi. Northwest Airlines tablait sur une reprise partielle des services à Détroit. Delta Airlines s’attendait à devoir annuler 91 vols depuis New York et Détroit.

[source – yahoo.com] (Reuters)