Compromis entre Abbas et Arafat sur le ministère de l’Intérieur

Un compromis de la 11e heure est intervenu mercredi soir entre Yasser Arafat et son Premier ministre désigné Mahmoud Abbas à propos du contrôle des forces de sécurité palestiniennes, permettant au numéro deux de l’OLP de présenter son nouveau gouvernement dans les délais.

Aux termes de ce compromis, Abbas, alias Abou Mazen, prendra lui-même en main le ministère de l’Intérieur, à la place de Mohamed Dahlan, ancien chef de la sécurité préventive à Gaza, à la nomination duquel Arafat s’opposait catégoriquement.

« Arafat et le frère Abou Mazen ont résolu leurs divergences », a déclaré un des proches conseillers du président palestinien, Taïeb Abdel-Rahim. Dahlan sera simplement chargé des Affaires de sécurité.

Le parlement palestinien se réunira « probablement dimanche ou lundi » pour donner son feu vert au nouveau gouvernement, qui comptera jusqu’à 24 ministres, a déclaré Nabil Chaas, ministre de la Planification dans le cabinet sortant, qui indique qu’il sera ministre des Affaires étrangères dans la nouvelle équipe.

Ce compromis, dont on ne mesurait pas dans l’immédiat toutes les subtilités, met en tout cas fin au suspense entretenu depuis le week-end dernier par Abou Mazen, qui menaçait de renoncer à diriger le gouvernement si Arafat continuait à lui mettre des bâton dans les roues.

Pour la première fois depuis qu’il a claqué la porte d’une réunion où Arafat avait rejeté la liste du gouvernement qu’il avait soumise, Abou Mazen s’est rendu mercredi soir dans le bureau du président palestinien pour sceller d’une poignée de main le compromis.

ABBAS, DAHLAN SOUTENUS PAR LE QUARTET

Celui-ci a été conclu grâce à la médiation d’un envoyé spécial du président Hosni Moubarak, le chef des services de Renseignement égyptien, Omar Souleïman, qui a fait la navette plusieurs fois dans la journée entre les deux hommes.

Arafat s’est opposé à Dahlan parce que celui-ci s’était dissocié de lui au fil de la seconde intifada, jugeant ambiguë, tout comme Washington et Jérusalem, la ligne stratégique du vieux raïs, entre violence et diplomatie.

Dahlan est un partisan de la mise au pas des mouvements intégristes palestiniens qui commettent des attentats contre Israël. Il est sur ce point en phase avec Abou Mazen, qui a pris position contre une militarisation de l’intifada préjudiciable à la cause palestinienne.

Les deux hommes sont eux-mêmes appuyés par les membres du « quartet » des médiateurs internationaux – Etats-Unis, Onu, UE et Russie – qui ont multiplié les pressions ces dernières 48 heures pour qu’Arafat laisse Abbas assumer de vrais responsabilités, comme celui-ci l’avait d’ailleurs exigé avant d’accepter le poste.

Washington, chef d’orchestre implicite du quartet », avait décidé de suspendre la publication de sa « feuille de route » pour une paix définitive d’ici 1995 dans l’attente de la confirmation de la prise de fonction d’un Premier ministre palestinien fort et fiable en tant que partenaire de paix.

[source – yahoo.com] Mohamed Assadi