Le président de la Mutualité française Jean-Pierre Davant a protesté lundi dans un communiqué contre la publication au Journal officiel d’un « arrêté décidant la baisse du remboursement de 65 % à 35 % pour plus de 600 médicaments, en plein week-end de Pâques ».
Cette baisse concerne les médicaments à « service médical rendu » (SMR) modéré, a-t-on expliqué à la Mutualité française, et concerne plusieurs médicaments connus du grand public, comme le Voltarène (anti-inflammatoire), le Zyrtec (anti-allergique), le Vogalène (anti-nauséeux) ou encore le Zovirax (contre l’herpès), selon l’arrêté du ministère de la Santé publié au JO samedi.
Le taux de remboursement par la Sécurité sociale de ces plus de 600 médicaments « baisse de 65 % à 35 % », précise M. Davant, qui s’élève contre cette « nouvelle vague de baisse ».
« Pour tenter de boucher le trou de l’assurance maladie, on impose des charges supplémentaires aux mutuelles, ce qui aura pour conséquence d’accroître les cotisations des adhérents mutualistes », déplore M. Davant.
« Décidément les ministres en charge de la santé manquent d’originalité. Jean-François Mattei poursuit la politique du sapeur Camembert engagée par son prédécesseur Martine Aubry », ajoute-t-il.
La Mutualité française estime que le principe de l’efficacité modérée des médicaments est une « zone grise » : « soit les médicaments ne servent à rien, et il faut les dé rembourser, soient ils sont utiles et il faut les rembourser à taux plein », a-t-on affirmé.
« Ce sont des mesures à courte vue, passées en douce », a-t-on ajouté.
Pour M. Davant, « les Français sont une fois de plus les grands perdants de ces mesures qui ménagent par contre les intérêts des laboratoires pharmaceutiques ».
« Alors que l’on vient d’apprendre que les dépenses de médecine de ville ont augmenté de plus de 8 % en un an, il est temps de proposer aux Français d’aménager structurellement notre système de santé plutôt que de multiplier les mesures parcellaires et il convient de privilégier l’intérêt général plutôt que les intérêts corporatistes », conclu M. Davant.
835 médicaments, soit environ 18 % des quelque 4.500 médicaments remboursés par l’assurance maladie, ont un SMR insuffisant, selon le bilan établi en avril 2001 par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé.
[source – yahoo.com] AFP
