La grande Europe à la recherche d’un compromis sur l’Irak

La grande Europe à la recherche d’un compromis sur l’Irak

Les dirigeants européens ont entamé mercredi un sommet dominé par la recherche d’un compromis sur l’après-guerre en Irak, même s’il sera officiellement consacré à la signature du traité d’adhésion des dix pays candidats et à la rédaction de la future constitution de l’UE.

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Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE ont ouvert leur réunion informelle d’Athènes par une discussion avec Valéry Giscard d’Estaing, le président de la Convention chargée de préparer une traité constitutionnel pour l’Europe élargie.

Ils devaient à cette occasion confirmer le calendrier prévu – le projet de constitution devrait leur être présenté en juin prochain -, même si la guerre en Irak et les divisions européennes ont jeté une ombre sur les travaux.

Les Quinze signeront ensuite au pied de l’Acropole le traité d’adhésion des dix pays qui doivent rejoindre l’UE le 1er mai 2004, après ratification par les parlements des « Vingt-Cinq ».

Mais l’essentiel des efforts sera consacré à la recherche d’un compromis pour mettre fin aux divisions qui ont déchiré l’Union sur l’opportunité d’intervenir en Irak, maintenant que la victoire anglo-américaine ne fait plus aucun doute.

« Nous devons tout faire (…) pour renforcer le dialogue transatlantique et éviter toute détérioration des relations entre l’Europe et les Etats-Unis », a déclaré le Premier ministre grec Costas Simitis, qui préside actuellement l’UE avant d’avertir Washington qu’un cavalier seul n’aurait pas de sens.

« A long terme, personne ne peut gouverner seul le monde ».

Officiellement, l’Irak n’est pas à l’ordre du jour.

KOFI ANNAN EN MISSION

Mais le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, passera deux jours complets à Athènes, où il rencontrera en tête-à-tête 10 des 15 dirigeants européens, dont le président Jacques Chirac, le chancelier allemand Gerhard Schröder et le Premier ministre britannique Tony Blair.

Mercredi soir, il rencontrera les ministres des Affaires étrangères français, allemand, russe, espagnol et britannique afin de sonder un maximum d’Etats membres.

L’objectif est de définir le rôle que pourra jouer l’Onu dans l’après-guerre compte tenu du fait que les Américains entendent garder la haute main sur l’administration de l’Irak, du moins dans les premiers mois, voire les premières années.

Les signaux de compromis abondent avant ces réunions.

Alors que la France, suivie par l’immense majorité des pays européens, réclamait jusqu’ici un « rôle central » pour les Nations unies, la tonalité est désormais moins tranchante.

Jacques Chirac a téléphoné au président américain George W. Bush pour lui dire qu’il était prêt à se montrer « pragmatique », tandis que Tony Blair et Gerhard Schröder, les pays de l’UE les plus opposés sur l’Irak, se sont rencontrés mardi à Hanovre.

« Il y a une très bonne ambiance », a déclaré un diplomate britannique au tout début du sommet européen. « Les choses sont beaucoup plus calmes. Nous sommes d’accord sur les fondamentaux, que l’Irak devrait être géré par les Irakiens ».

Le ministre russe des Affaires étrangères, Igor Ivanov, qui assistera jeudi à la réunion entre l’UE et ses nouveaux voisins, a lui aussi exprimé la volonté de tourner la page.

« Il est important de ne pas concentrer son attention sur les désaccords qui ont existé entre ceux qui se sont opposés à la guerre en Irak et ceux qui l’ont menée », a-t-il estimé.

Mais l’expression d’une position définitive de l’UE sur le rôle de l’Onu en Irak devra attendre quelques semaines, le temps que la situation soit clarifiée de manière politique.

« Nous ne pouvons mettre la charrue avant les boeufs », souligne-t-on dans l’entourage de Javier Solana, le porte-parole de la diplomatie européenne.

[source – yahoo.com]