Retraites des fonctionnaires : Delevoye dévoile ses intentions aux syndicats

Les rencontres bilatérales organisées aujourd’hui par le ministre de la Fonction publique, Jean-Paul Delevoye, avec les syndicats permettent d’en savoir un peu plus long sur les intentions du gouvernement en matière de réforme des retraites des fonctionnaires.

Confirmant l’allongement de la durée de cotisation des agents de la fonction publique de 37,5 ans actuellement à 40 ans (comme dans le privé) en 2008, le ministre a également proposé aux organisations syndicales l’instauration dans cinq ans d’une décote de 3% par année non cotisée, afin de sanctionner financièrement les départs prématurés à la retraite. Cette décote augmenterait progressivement sur une dizaine d’année, les 3% devant s’appliquer à partir de 2008 ne constituant qu’une première étape. Le ministre semble en revanche vouloir maintenir l’indexation des pensions sur l’évolution des salaires. Il a enfin proposé la création d’une caisse complémentaire par points permettant l’intégration des primes des fonctionnaires, qui ne sont actuellement pas prises en compte dans le calcul des droits à la retraite.

La plupart de ces mesures ne sont évidemment pas du tout de la CGT. «Ce qui est annoncé, c’est à la fois l’allongement des durées de cotisations [et] la baisse du niveau des pensions, à partir de la baisse de l’annuité et de la mise en place d’une décote très lourde pour les agents qui n’auraient pas accompli la totalité de leurs annuités», résume Bernard Lhubert, qui rappelle qu’en moyenne, les agents ne cotisent que 32 ans. La CFDT est plus mesurée : «Nous serons extrêmement vigilants sur un certain nombre de contreparties», met en garde Marie-Claude Kervella. Son organisation n’est pas opposée à l’allongement de la durée des cotisations des fonctionnaires «à condition qu’il y ait de véritables contreparties». Quant à la décote, «nous n’y sommes pas complètement hostiles», indique Mme Kervella, mais «elle ne devrait pas être pénalisante pour les agents et leur laisser une véritable possibilité de choix». Si la CGT estime qu’«il est urgent que les personnels se fassent entendre», la CFDT attend quant à elle la réunion de vendredi prochain avec MM. Delevoye et Fillon (Affaires sociales), pour se prononcer «globalement» sur les propositions du gouvernement.

[source – yahoo.com]