L’ex-opposition s’engage pour un Irak démocratique

L’ex-opposition s’engage pour un Irak démocratique

Des responsables politiques et religieux de l’ex-opposition irakienne, qui se sont réunis mardi pour discuter de la reconstruction institutionnelle du pays, se sont engagés à travailler à la mise en place d’un Irak démocratique et fédéral.

Ces discussions, sous l’égide des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, ont également abordé la question sensible de la place de la religion dans le futur Etat irakien, selon un communiqué publié par le site internet du Commandement central américain au Qatar.
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Les participants avaient auparavant été conduits sous une immense tente blanche érigée sur une base militaire américaine provisoire près de l’antique cité mésopotamienne d’Our, dans le sud de l’Irak.

Un porte-parole du Congrès national irakien (CNI), qui avait envoyé un représentant à cette réunion, a fait savoir qu’aucun vote formel n’avait eu lieu mais qu’une déclaration en 13 points avait été adoptée par consensus.

« (Cette réunion) à bas niveau n’avait pas pour but d’engendrer des résultats concrets », a expliqué Zaab Sethna à Reuters.

« NON A L’AMERIQUE! NON A SADDAM! »

Environ 80 Irakiens – des chiites, des sunnites, des kurdes, des monarchistes – ont répondu présent à ces discussions, organisées à 375 km au sud-est de Bagdad.

Soucieux de ne pas apparaître comme inféodé à Washington, Ahmed Chalabi, chef du file du CNI jouissant de l’appui du Pentagone, n’a envoyé qu’un représentant et le principal mouvement d’opposition chiite irakien, le Conseil suprême pour la révolution islamique en Irak (SCIRI), installé en Iran, a décidé de ne pas y participer du tout.

Les participants se sont mis d’accord sur la nécessaire dissolution du parti Baas de Saddam Hussein, ont décidé de se réunir de nouveau dans dix jours en un lieu qui reste à déterminer et d’inviter les autres formations politiques à entamer des consultations pour la mise en place d’un gouvernement intérimaire.

Le général américain Jay Garner, qui dirigera l’administration militaire provisoire en Irak, a ouvert la séance en proclamant: « L’Irak libre et démocratique commence aujourd’hui. »

Mais dans la ville voisine de Nassiriah, des milliers d’Irakiens ont manifesté contre l’intervention américaine dans la reconstruction de leur pays après la chute de Saddam Hussein.

« Non à l’Amérique! Non à Saddam! », ont scandé ces Irakiens de la majorité chiite opprimée sous le régime de Saddam Hussein. Les chaînes de télévision arabes ont estimé à 20.000 le nombre de manifestants.


« SYSTEME DEMOCRATIQUE BASE SUR LES TRADITIONS IRAKIENNES »

Sur la base américaine, les discussions ont commencé avec du retard. Elles s’inscrivent dans un climat de scepticisme, du fait notamment qu’y participent des groupes d’ex-opposants en exil qui ne partagent souvent que la satisfaction d’avoir vu tomber un régime honni et le souci de ne pas paraître inféodés aux Etats-Unis.

Un des conseillers de Chalabi a affirmé que la majorité des participants à cette réunion partageaient la vision du CNI au sujet de l’avenir de l’Irak. Faisant allusion aux manifestations de Nassiriah, il a ajouté:

« Nous savons que l’Iran a envoyé de l’argent et des personnes dans la région, dans toutes les grandes villes du sud, lesquelles tentent d’attiser et de jouer sur l’antiaméricanisme ».

Garner devrait diriger le Bureau de reconstruction et d’aide humanitaire (Orha) jusqu’à la mise en place de l’administration irakienne, ce qui pourrait prendre six mois à un an. Il rendra compte au général Tommy Franks, qui a dirigé les opérations militaires en Irak.

S’adressant aux participants de la réunion, l’envoyé spécial de George W. Bush Zalmay Khalilzad a déclaré que les Etats-Unis n’avaient pas l’intention de diriger l’Irak. « Nous voulons que vous établissiez votre propre système démocratique basé sur les traditions et valeurs irakiennes. Je vous exhorte à saisir cette occasion de coopérer entre vous », a-t-il dit.

Ce défi de l’entente entre les différents groupes ethniques, religieux et politiques irakiens est de taille.

Et l’un des principaux enjeux de la reconstruction de l’Irak, qui avait également été au coeur des débats avant la guerre, réside dans l’importance à accorder aux Nations unies.

Les Etats-Unis ont laissé entendre que l’Onu pourrait jouer un rôle dans le processus, mais il n’est pas encore clair et certains Irakiens, comme Chalabi, s’y déclarent opposés.

[source – yahoo.com]