Rumsfeld accuse la Syrie d’avoir testé des armes chimiques

Rumsfeld accuse la Syrie d’avoir testé des armes chimiques

Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, accuse la Syrie d’avoir effectué ces 12 à 15 derniers mois des essais portant sur des armes chimiques, et d’avoir permis à des Irakiens de se réfugier sur son territoire.

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Accentuant encore la pression américaine sur Damas, Rumsfeld a affirmé lundi que les Etats-Unis disposaient de « renseignements indiquant que certains Irakiens ont été admis en Syrie, dans certains cas pour y rester et dans certains cas en transit ».

Il n’a pas identifié les Irakiens auxquels il faisait allusion, pas plus qu’il n’a dit où s’étaient rendus ceux qui étaient en transit.

« Je dirai que nous avons observé des essais d’armes chimiques en Syrie ces 12 à 15 derniers mois », a-t-il ajouté sans autre précision.

« Nous disposons de renseignements montrant que la Syrie a permis à des Syriens et à d’autres de franchir la frontière pour pénétrer en Irak, (notamment) des gens armés et des gens porteurs de tracts indiquant qu’ils seraient récompensés s’ils tuaient des Américains et des membres de la coalition ».

Rumsfeld a tenu ces propos lors d’un point de presse devant le Pentagone, à l’issue d’une rencontre avec le ministre d’Etat aux Affaires étrangères du Koweït, cheikh Mohammad al-Salem al-Sabah.

La Syrie a démenti disposer d’armes chimiques ou avoir jamais coopéré avec le régime de Saddam Hussein.

L’ambassadeur adjoint de Syrie à Washington, Imad Moustapha, a déclaré dimanche lors de l’émission Meet The Press de NBC que la Syrie serait favorable à des inspections approfondies de l’Onu portant sur les programmes d’armement de tous les pays du Proche-Orient, y compris d’Israël.


« PASSER AUX CHOSES SERIEUSES »

Les autorités américaines ne sont pas allées jusqu’à menacer la Syrie d’une intervention militaire tout en disant que toutes les options restent ouvertes. Mais les analystes estiment que Washington privilégiera les pressions diplomatiques.

Le secrétaire d’Etat Colin Powell a d’ailleurs dit que les Etats-Unis envisageraient des mesures « diplomaties et économiques » contre la Syrie. Il n’a donné aucune précision mais certaines suggestions sont énoncées dans un projet de loi proposés la semaine dernière à la Chambre des représentants par un Démocrate, Eliot Engel, et une Républicaine, Ileana Ros-Lehtinen.

Ils ont proposé une interdiction des ventes à la Syrie de produits ayant un double usage, civil et militaire, une interdiction des exportations américaines en Syrie, l’interdiction pour les entreprises américaines d’opérer en Syrie, des restrictions imposées aux diplomates syriens, le blocage des vols de la compagnie aérienne syrienne, la réduction des contacts diplomatiques avec la Syrie ou encore le blocage des avoirs syriens.

Un texte similaire n’avait pas obtenu l’an dernier la majorité au Sénat ni à la Chambre des représentants, en partie parce que l’administration Bush y voyait une diversion pendant ses préparatifs d’intervention en Irak.

« Maintenant que le régime de Saddam Hussein est défait, il est temps pour l’Amérique de passer aux choses sérieuses avec la Syrie », a déclaré Engel.

Cependant, le représentant démocrate Dennis Kucinich, parfois présenté comme un candidat possible à l’investiture de son parti pour l’élection présidentielle, a dénoncé l’attitude de l’administration Bush envers la Syrie. « Imprudente et dangereuse », elle risque de déstabiliser la région, d’alimenter un sentiment anti-américain et d’isoler les Etats-Unis, a-t-il estimé.

[source – yahoo.com]