Des blindés américains se sont rapprochés lundi du centre de Tikrit, après d’intenses combats avec les forces fidèles à Saddam Hussein dans les faubourgs Sud de la ville natale du président déchu.
Une unité du 1er corps expéditionnaire des Marines, soutenue par des hélicoptères de combat et des avions de chasse F-18 a notamment affronté dimanche soir des membres de la Garde républicaine, corps d’élite de l’armée irakienne, ainsi que des paramilitaires.

Quinze combattants irakiens au moins ont été tués et plusieurs chars ont été détruits, indique l’état-major américain basé au Qatar.
« C’est une attaque très, très importante. Ils utilisent de nombreux hélicoptères de combat Cobra et il y a des chasseurs F-18 dans le ciel », a dit Matthew Fischer, du National Post, interrogé en direct par CNN au téléphone.
Dernier grand centre échappant encore au contrôle des forces anglo-américaines, Tikrit se trouve à 175 kilomètres au nord de Bagdad. La ville a constitué le bastion des forces militaires les plus fidèles à Saddam Hussein durant ses 24 années de présidence. Elle a été bombardée toute la semaine par l’aviation américaine.
Des hommes armés, qui ont dit représenter les dirigeants des 15 principaux groupes tribaux, ont par ailleurs affirmé à des journalistes de la chaîne qatarie al Djazira que les troupes irakiennes ainsi que les forces paramilitaires avaient quitté la ville. Selon eux, les chefs tribaux négocient un cessez-le-feu avec les forces américaines.
Ils ont affirmé avoir pris les armes pour protéger la ville d’une possible attaque de Kurdes irakiens qui progressent vers le Sud après le départ des forces irakiennes, et pour prévenir des pillages semblables à ceux enregistrés dans d’autres villes irakiennes après la chute du régime de Saddam Hussein, la semaine dernière.
UN DEMI-FRERE DE SADDAM CAPTURÉ
Alors que les Marines progressaient vers le centre de Tikrit, les Etats-Unis ont annoncé détenir un demi-frère de Saddam Hussein, capturé ces derniers jours en Irak près de la frontière syrienne. Watban Ibrahim Hassan al-Tikriti est le cinq de pique sur le jeu de carte diffusé vendredi représentant les 55 dirigeants irakiens les plus recherchés par les Américains.
Issu du second mariage de la mère de Saddam Hussein, il était conseiller présidentiel mais n’était pas un proche du raïs, selon des responsables américains.
Washington a en outre assuré que DJa’far al-Dja’far, un scientifique irakien spécialiste du nucléaire, s’était lui aussi rendu aux autorités américaines.
A Bagdad, le calme précaire qui semblait régner dimanche a été troublé dans la nuit par des échanges de tirs entre des Marines américains et des inconnus retranchés à proximité de l’hôtel Palestine, où logent la plupart des journalistes étrangers.
Trois hommes ont par la suite été arrêtés, l’un en possession d’un fusil d’assaut AK-47 et un autre avec un pistolet, ont déclaré les soldats.
Six soldats américains ont par ailleurs été blessés, dont deux au moins grièvement, dans une attaque à la grenade à Mahmoudiah, 25 km au sud de la capitale irakienne.
Soucieux de contribuer à rétablir l’ordre après des pillages tous azimuts, des centaines de policiers et de fonctionnaires irakiens se sont rassemblés dans le centre-ville à l’appel de l’armée américaine en vue d’organiser la répartition des tâches.
Saddam lui-même a disparu. Certains le croient retranché à Tikrit, d’autres le pensent mort dans un bombardement aérien opéré la semaine dernière sur la capitale.
NOUVELLES MISES EN GARDE EN DIRECTION DE DAMAS
Le général Franks a indiqué que les Etats-Unis disposaient de l’identité génétique du « raïs » renversé et s’en serviraient pour déterminer s’il est mort ou en fuite.
Durant leur progression de Bagdad vers Tikrit, les Marines ont retrouvé sains et saufs sur une route sept soldats américains faits prisonniers, puis abandonnés par les forces américaines. Le président George W. Bush s’est félicité de leur libération et a surtout renouvelé ses mises en garde en direction de Damas.
« Je pense que nous croyons qu’il y a des armes chimiques en Syrie, par exemple », a dit le président américain à des journalistes.
Prié de dire si ces accusations pourraient déboucher sur une intervention militaire, il a répondu: « Chaque situation requiert une réponse différente. Chaque chose en son temps (…) Nous sommes en Irak maintenant. Et deuxièmement, en ce qui concerne la Syrie, nous attendons une coopération et j’ai bon espoir que nous obtenions une coopération ».
De son côté, le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld a déclaré que des combattants syriens avaient été tués ou capturés par les forces américaines en Irak, mais il n’a pas voulu dire ce que ferait Washington si Saddam Hussein était découvert en Syrie.
« La dernière chose que je ferais serait de discuter de cela », a dit Rumsfeld interviewé lors de l’émission « Face the Nation » de CBS, ajoutant que si le raïs irakien était retrouvé dans le pays voisin, cela montrerait que « la Syrie aurait commis une erreur encore plus grande ».
[source – yahoo.com]
