Combats entre Marines américains et unités irakiennes à Tikrit Nouvel article

Combats entre Marines américains et unités irakiennes à Tikrit Nouvel article

Des combats opposaient des Marines américains à des unités irakiennes, notamment des chars, dimanche à la périphérie sud de Tikrit, ville natale du président Saddam Hussein, a déclaré un journaliste canadien intégré aux troupes américaines.

« (Les Américains) sont passés à l’attaque il y a environ une heure et demie », a dit Matthew Fischer, du National Post, interrogé en direct par CNN au téléphone. « C’est une attaque très, très importante. Ils utilisent de nombreux hélicoptères de combat Cobra et il y a des chasseurs F-18 dans le ciel. »
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Fisher a ajouté que des « marines » avaient aussi affronté des soldats irakiens dans le secteur un peu plus tôt. « Il y a eu deux batailles importantes (…) ce matin. Des fantassins irakiens sont sortis de leurs trous pour combattre les ‘marines’ dans leurs véhicules blindés légers. Une quinzaine d’Irakiens ont été tués dans cet échange, pas d’Américains », a-t-il dit.

« Des avions ont touché cinq chars irakiens en mouvement.

Un peu plus tôt dimanche, le général Tommy Franks, qui orchestre les opérations militaires, déclarait que les « marines » ne rencontraient presque aucune résistance à Tikrit, tout en soulignant que la guerre n’était pas finie. « Je ne dirais pas que c’est fini mais que nous disposons, au moment où je vous parle, de forces américaines dans Tikrit. Aux dernières informations, ces forces marchaient sur Tikrit sans rencontrer de résistance », indiquait-il dans une interview à CNN.

Dernier grand centre non encore contrôlé par les forces anglo-américaines, Tikrit se trouve à 175 km au nord de Bagdad. La ville a constitué le bastion des forces militaires les plus fidèles à Saddam Hussein durant ses 24 années de présidence. Elle a été bombardée toute la semaine par l’aviation américaine.

Durant leur progression de Bagdad vers Tikrit, les « marines » ont retrouvé sains et saufs sur une route sept soldats américains, dont une Afro-Américaine, disparus pendant la guerre.

Selon le général Franks, patron du Centre de commandement installé au Qatar (Centcom), leur présence avait été signalée par un Irakien après que leurs ravisseurs eurent apparemment pris la fuite. D’après un journaliste cité par CNN, ils ont été placés sous la protection de « marines » avant d’être transférés par hélicoptère à Bagdad puis par avion au Koweït.

DEBUT DE NORMALISATION A BAGDAD

Le capitaine Frank Thorp, porte-parole du Centcom, a dit à ABC qu’il ne restait aucune armée irakienne sous commandement, qu’il s’agisse de l’une ou l’autre des trois armes. « Nous en sommes très satisfaits mais devons réfléchir avant de proclamer que le régime est entièrement éliminé », a-t-il ajouté.

Alors que les forces américaines atteignaient Tikrit, un début de normalisation s’observait dans les principales villes sous contrôle américain après des journées de pillages. Donald Rumsfeld, secrétaire américain à la Défense, a estimé que l’ordre revenait peu à peu en Irak et s’est réjoui de l’assistance de plus en plus grande apportée par la population aux forces américaines pour endiguer violences et pillages.

« La situation s’améliore d’heure en heure, ce pays devient de plus en plus sûr et ordonné », a-t-il affirmé sur NBC. « Nous nous battons encore à Bagdad. Nous ne permettrons pas que des choses affreuses s’y déroulent. Chaque fois qu’il y a une situation de transition, ce genre de désordre se produit ».

A Bagdad, une vie normale reprenait lentement dimanche. On pouvait y voir des marchands de rue et des kiosques en activité pour la première fois depuis la prise de la capitale. Des milliers d’habitants partis durant les combats revenaient dans la ville, meubles et vêtements fixés sur leurs toits de voiture.

Quatre soldats américains ont cependant été blessés par balles à Mahmoudiya, à 40 km au sud de la capitale, alors qu’ils déblayaient un dépôt d’armes irakien, a rapporté un officier.


Soucieux de contribuer à rétablir l’ordre après des pillages tous azimuts, des centaines de policiers et de fonctionnaires irakiens se sont rassemblés dans le centre-ville à l’appel de l’armée américaine en vue d’organiser la répartition des tâches.

« Nous voulons aider les habitants, pas Saddam Hussein », déclarait un policier.

TENSION A NADJAF, TROUPES AMERICAINE DANS LA VILLE

Saddam lui-même a disparu. Certains le croient retranché à Tikrit, d’autres le pensent mort dans un bombardement aérien opéré la semaine dernière sur la capitale.

Le général Franks a indiqué que les Etats-Unis disposaient de l’identité génétique du « raïs » renversé et s’en serviraient pour déterminer s’il est mort ou en fuite.

Après plus de trois semaines de combats, les forces anglo-américaines n’ont arrêté qu’un haut responsable irakien – le général Amer Hammoudi al Saadi, conseiller scientifique de Saddam Hussein, qui s’est rendu samedi aux nouvelles autorités militaires. Les renseignements américains jugent possible qu’il permette de lever le secret qui entoure des programmes d’armements interdits – raison officielle de l’attaque déclenchée par Washington et Londres.

Alors qu’un certain nombre de villes et de régions retrouvent un semblant de normalité, des tensions ont éclaté entre factions chiites rivales à Nadjaf.

Des hommes armés ont encerclé la demeure du grand ayatollah Ali Sistani, principal dignitaire chiite irakien, et lui ont donné 48 heures pour quitter le pays sous peine d’attaque, a rapporté un de ses collaborateurs. Selon ce dernier, les assaillants appartiennent au Djimaat-e-Sadr-Sani, groupe extrémiste dissident dirigé par le fils d’un ancien dignitaire religieux irakien. Durant la semaine écoulée, deux dignitaires chiites ont été assassinés dans la ville.

De sources chiites, on rapporte que des troupes américaines stationnées à la périphérie de Nadjaf y sont entrées ce week-end pour rétablir l’ordre. Les Américains s’étaient jusque-là tenus à l’écart dans cette ville sainte. Les chiites représentent 60% de la population irakienne mais ont été persécutés tout au long du règne du parti Baas de Saddam Hussein.

Des tensions s’observent également dans le nord de l’Irak, où huit personnes au moins ont été tuées lors d’affrontements entre Kurdes irakiens et tribus arabes restées fidèles à Saddam. Le gros des combats se déroule autour de la ville de Houwadja, sur la route qui relie le centre pétrolier de Kirkouk à Tikrit.

A Kirkouk même, chars et blindés américains sont entrés dans le centre-ville pour apaiser l’atmosphère après deux jours d’anarchie marqués par des actes de vandalisme. Le nombre de peshmergas (combattants kurdes) présents dans la ville semblait aussi diminuer, conformément à un engagement pris à l’égard de la Turquie et aux termes duquel le contrôle de la ville doit revenir aux Américains.

[source – yahoo.com]