La cause hautement probable du naufrage du « Bugaled Breizh » est celle de la croche avec un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA)

Les familles des cinq marins morts ou disparus, le 15 janvier 2004 lors du naufrage du chalutier « Bugaled Breizh|Bugaled Breizhfr » au sud des côtes anglaises, sont ressorties jeudi de leur réunion avec les deux juges d’instruction à Quimper avec quelques raisons d’espérer encore, la thèse d’un incident avec un sous-marin étant appuyée par une expertise judiciaire.

Les deux magistrats leur ont communiqué les conclusions d’un rapport d’expertise technique versé au dossier le 15 juillet dernier, mais qui n’a été rendu public que jeudi.

Selon l’expert sous-marinier qui l’a rédigé, « la cause hautement probable (du naufrage) est celle de la croche avec un sous-marin nucléaire d’attaque » (SNA), ce qui écarte tous les autres bâtiments, a indiqué Me Christian Bergot, défenseur des familles des victimes et du comité local des pêches du Guilvinec, partie civile.

Dans le monde, seul quatre pays possèdent des SNA, selon l’avocat: la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et la Russie.

Dans la zone du naufrage, le jour du drame, seuls les bâtiments français et britanniques participaient avec l’Allemagne et les Pays-Bas à un exercice de lutte anti-sous-marine interallié, devant démarrer le 16 janvier.

Parallèlement se déroulait un second exercice qui ne concernait que la Royal Navy.

Les familles des cinq marins morts ou disparus privilégient depuis le départ la thèse d’un sous-marin, que les deux juges semblent privilégier également.

L’avocat confie ne pas avoir lu la démonstration technique du rapport, pas encore communiqué aux parties civiles.

Selon Me Bergot, l’expert échafaude la thèse d’un SNA par l’analyse de la force qu’il a fallu exercer sur la fûne babord du « Bugaled Breizh » (un des deux câbles du chalut) pour l’entraîner par le fond « en 80 secondes », la vitesse de passage du submersible et son autonomie qui peut expliquer qu’il ait pu fuir sans avoir besoin de remonter à la surface, précise en substance Christian Bergot.

L’information a mis un peu de baume au cœur des familles qui, depuis plusieurs jours, ne cachaient pas leur inquiétude du sort fait au dossier d’instruction.

Les deux magistrats en charge de l’affaire depuis quatre ans et demi, Muriel Corre et Richard Foltzer, quittent leurs fonctions vendredi et leurs remplaçants ne sont pas encore désignés.

Dès leur nomination, les avocats des parties civiles comptent leur demander de délivrer des commissions rogatoires en direction de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis et de la Russie pour qu’ils fournissent à la justice française la position de leurs SNA ce jour-là.

La même question sera posée à l’armée française.

Ce rapport d’expertise a toutefois laissé de marbre Rémy Gloaguen, frère d’un des marins disparus.

« On arrive à la fin de l’instruction et on n’a toujours pas de coupable.

Je suis convaincu que ça finira par un non-lieu.

Fanch