Alors que le film de Dany Boon ne sera pas disponible en DVD (puis en VOD, soit en vidéo à la demande) avant la fin du mois d’octobre, près de 682 000 internautes ont pu le télécharger illégalement au cours des quatre mois qui ont suivi sa sortie en salles, le 27 février dernier.

D’après l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (Alpa), il s’agit du film français le plus piraté depuis le mois d’octobre 2007, devant Persepolis et La Môme, avec respectivement 675 000 et 287 000 téléchargements.
Le 15 juillet dernier, l’Alpa communiquait en effet la première édition de son observatoire du téléchargement illégal de films sur les réseaux peer to peer.

Réalisée depuis octobre 2007 par Thomson et Advestigo pour le compte de l’Alpa, cette étude comptabilise le nombre d’œuvres téléchargées sur les principaux réseaux P2P (eDonkey, BitTorrent, Gnutella…).
Elle porte uniquement sur les films disponibles en langue française, téléchargés dans leur totalité et à l’exclusion de tous les fichiers corrompus circulant sur les réseaux de partage.

Cela nous permet d’observer les évolutions de ce phénomène, aujourd’hui majeur en France.
Elle envisage de rendre publics ces chiffres à un rythme trimestriel, parallèlement à la publication de l’Observatoire de la VOD.
Ce premier hit-parade du piratage souligne en tout cas l’attrait des internautes pour les films américains.
Depuis le mois d’octobre dernier, Transformers a été téléchargé plus de 3,7 millions de fois, soit près de 5,5 fois plus que les Ch tis (il est vrai sorti en salles plus de six mois après).
Les oeuvres américaines représentent 66 % des téléchargements illégaux, contre 19 % seulement pour les films français.
Autre conclusion : la disponibilité très précoce de versions piratées n’empêche pas un succès en salles.
La preuve avec les Ch tis qui a battu tous les records de fréquentation malgré une version pirate de qualité DVD diffusée quelques jours seulement après sa sortie sur grand écran.
En revanche, l’exploitation du long-métrage en DVD et en VOD risque de pâtir de cette version illicite.

Enfin, il faut remarquer que le phénomène du piratage est très concentré : 100 films seulement réunissent 90 % des téléchargements illicites.
Voilà qui pourrait simplifier la mise en place d’une solution de filtrage des contenus illicites sur les réseaux, même si cela n’est pas officiellement à l’ordre du jour.
Pour se livrer à cette pratique, les ayants droit devront attendre l’adoption de la loi Création et Internet, dont l’examen au Parlement est prévue à la rentrée prochaine.
Fanch
