Grève des fonctionnaires jeudi et service minimum à l’école

C’est une grève de la fonction publique un peu spéciale qui aura lieu ce jeudi à l’appel de sept fédérations syndicales sur huit (CGT, FSU, CFDT, FO, CFTC, Unsa et Solidaires).

D’un côté, cette mobilisation a un goût de déjà vu, puisque les agents des trois fonctions publiques (État, hospitalière et territoriale) ont fait grève le 20 novembre sur les mêmes mots d’ordre, à savoir l’ouverture « en urgence » de négociations salariales et contre les 22.900 suppressions d’emplois prévues dans la fonction publique d’État, dont 11.200 dans l’éducation nationale.

D’un autre côté, le contexte politique dans lequel se déroule cette grève est radicalement différent, puisque la majorité des Français ne croient plus désormais en la capacité de Nicolas Sarkozy d’améliorer leur pouvoir d’achat comme le président l’a pourtant promis.

Du coup, la grève des fonctionnaires, qui s’annonce forte dans l’éducation nationale, les hôpitaux publics mais aussi les Impôts et l’équipement, leur apparaît justifiée.

Le mouvement social de jeudi est soutenu par 57% des personnes interrogées, « ce qui constitue une première pour un mouvement social depuis l’élection de Nicolas Sarkozy », souligne BVA.

Autre nouveauté, l’expérimentation du service minimum dans les écoles primaires, qui provoque la colère des syndicats d’enseignants, qui y voient une atteinte au droit de grève.

Initialement prévue pour la rentrée prochaine, l’organisation d’un service d’accueil minimum par les communes volontaires dans les écoles primaires fermées pour cause de grève devrait être testée jeudi par 1.759 communes sur les 22.492 disposant d’une école sur leur territoire, selon le ministère de l’éducation nationale.

Le ministre Xavier Darcos menace pour sa part d’aller « plus loin » si le service minimum ne marche pas, « n’excluant pas » une loi obligeant les enseignants grévistes à se déclarer « 48 heures à l’avance » comme dans les transports publics.

La mairie de Paris rappelle mercredi dans un communiqué que « la décision d’ouverture ou de fermeture d’une école » en cas de grève « dépend du directeur d’école, fonctionnaire de l’éducation nationale ».

Le Parti socialiste a apporté mercredi son « soutien » à la journée de mobilisation des fonctionnaires.

Conclue pour trois ans, cette convention prévoit de rémunérer des agents municipaux pour qu’ils gardent les enfants les jours de grève, moyennant une compensation financière pour les mairies alimentée par les retenues sur les salaires des grévistes.

Fanch