En l’absence remarquée de Gordon Brown, les dirigeants de l’Union européenne ont solennellement signé jeudi à Lisbonne le traité remplaçant la défunte Constitution, ouvrant la voie à un délicat processus de ratification dans les 27 pays membres.
Le traité, qui prendra désormais le nom de Traité de Lisbonne, a été signé dans le cloître du monastère des Jeronimos aux pierres sculptées comme de la dentelle, datant du XVIème siècle, où le Portugal avait déjà signé son traité d’adhésion à l’Union en 1985.
Les chefs de gouvernement et les ministres des Affaires étrangères de chaque pays ont apposé leur signature sur le document à l’aide d’un stylo en argent offert par la présidence portugaise de l’UE.
Le seul chef de gouvernement européen à rater la cérémonie était le Britannique Gordon Brown, qui a laissé son ministre des Affaires étrangères David Miliband signer à sa place.
Downing Street a invoqué l’obligation pour M. Brown de répondre aux questions d’une commission parlementaire qui l’interroge tous les six mois pour justifier son arrivée à Lisbonne trop tard pour la cérémonie, et sa signature n’a eu lieu qu’en milieu d’après-midi.
Mais ce conflit d’emploi du temps pour une cérémonie prévue depuis près de deux mois n’a convaincu personne.
Les observateurs y ont vu avant tout le peu d’importance accordé aux affaires européennes par M. Brown, sous pression constante des eurosceptiques britanniques.
Moi, je pense qu’on a besoin de la Grande-Bretagne en Europe », a réagi le président français Nicolas Sarkozy, avant d’ajouter en anglais « We need Gordon ».
Je vous invite maintenant à faire preuve de la même détermination pendant la période de ratification », a déclaré le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.
Conscient du scepticisme grandissant vis-à-vis du projet européen, il a aussi appelé les gouvernements à « communiquer » sur les bienfaits du traité et à répondre à l’attente des citoyens qui « veulent des résultats ».
« Il faut une politique de l’immigration, il faut une politique de l’environnement, il faut une politique de la défense en Europe.
Fanch
