L’UMP aborde les législatives en position favorable

Avec la large victoire de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle, l’UMP aborde les législatives des 10 et 17 juin dans une position éminemment favorable.

Le Parti socialiste appelait déjà ses électeurs dimanche soir à la mobilisation, alors même que ses ténors commençaient à se diviser.

« Ce que nous avons commencé ensemble, nous allons le continuer ensemble », a affirmé dimanche Ségolène Royal après sa défaite, se positionnant implicitement en nouveau leader de la gauche.

Elle n’a toutefois pas précisé si elle entendait conduire la bataille des législatives, ou si elle se positionnait en vue de la présidentielle de 2012, évoquant simplement les « victoires futures » et « d’autres rendez-vous démocratiques ».

Si les ténors du PS avaient officiellement les yeux rivés sur les législatives, perçaient déjà les divisions internes.

« Face au rassemblement des droites, il faut un rassemblement des gauches », a-t-il dit sur TF1.

« Il faut se remettre en mouvement, il faut remonter sur son cheval pour que l’Assemblée nationale prochaine ne soit pas une assemblée monocolore ».

Dominique Strauss-Kahn faisait déjà entendre une voix discordante, se disant « disponible » pour mettre en oeuvre la « rénovation sociale-démocrate » au Parti socialiste.

Les stratèges du PS redoutent une « chambre bleue horizon » à l’Assemblée avec un groupe socialiste passant de 149 élus à « entre 50 et 130 » selon les uns, « moins de 100 » selon les autres, sur un total de 577 députés.

Dès samedi prochain, le PS devrait réunir son conseil national (son « parlement ») pour tirer les leçons de la débâcle et lancer les législatives.

Sous la Ve République, les Français ont toujours donné au nouveau président de la République une Assemblée nationale de sa couleur politique.

L’élection d’une majorité hostile à l’Elysée, ce qui signifierait une nouvelle cohabitation, parait donc peu vraisemblable.

L’ancien Premier ministre Alain Juppé (UMP) s’est d’ailleurs dit « convaincu » dimanche soir que « que les Français auront à coeur de donner au président de la République qu’ils viennent d’élire une majorité pour gouverner ».

Reste à savoir qu’elle sera l’attitude du vainqueur de la présidentielle vis-à-vis du nouveau Mouvement démocrate de François Bayrou.

Si les ténors de l’UMP insistaient dimanche sur la volonté de « rassemblement » du nouveau président « François Fillon s’est même prononcé pour des ministres « centristes » au gouvernement » , cette ouverture pourrait surtout s’adresser aux deux tiers de députés UDF sortants ralliés à Nicolas Sarkozy avant le second tour.

On verra comment cela se passe », a résumé dimanche soir sur France-2 Marielle de Sarnez, ancienne directrice de campagne de François Bayrou.

Fanch