Jean-Marie Le Pen a appelé à une abstention « massive » au second tour de la présidentielle

Jean-Marie Le Pen a appelé à une abstention « massive » au second tour de la présidentielle, refusant de prendre parti entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, un choix entre « bonnet rose » et « rose bonnet. »

Il a par ailleurs exhorté ses partisans à se mobiliser pour les élections législatives de juin, où le Front national espère se poser « en arbitre » à la faveur de triangulaires ou de quadrangulaires et prendre une « légitime revanche. »

Près de 15.000 personnes, selon les organisateurs, 2400 selon la police, ont écouté le discours du dirigeant d’extrême droite place de l’Opéra à Paris, à l’issue du traditionnel défilé frontiste en l’honneur de Jeanne d’Arc.

« J’invite les électeurs qui m’ont fait confiance à n’accorder leurs suffrages ni à Mme Royal ni à M. Sarkozy, je les invite expressément à s’abstenir massivement, se réservant pour le premier tour des élections législatives les 10 et 17 juin prochains », a lancé le président du FN.

Jean-Marie Le Pen a estimé qu’il serait « illusoire et dangereux de voter pour la candidate socialiste pour se venger du hold-up réalisé sur notre programme par Nicolas Sarkozy ».

De même, il serait « insensé d’apporter nos suffrages à un candidat qui continue de nous considérer comme des extrémistes et de refuser de permettre par la proportionnelle à nos millions d’électeurs d’être représentés à l’Assemblée nationale », a ajouté Jean-Marie Le Pen.

Le candidat de l’UMP a évoqué dimanche dernier la possible introduction d’une dose de proportionnelle à l’Assemblée ou au Sénat mais non la proportionnelle intégrale prônée par le FN.

Le président du FN a terminé quatrième du premier tour de la présidentielle le 22 avril avec 10,4% des suffrages, une baisse de plus de six points par rapport à son score de 2002, qui lui avait permis d’accéder au second tour.

Bien que « déçu » et « peiné » par son revers, Jean-Marie Le Pen a profité de ce défilé du 1er mai pour regonfler le moral de ses troupes, venues en plus grand nombre qu’il y a un an, selon ses proches, et lancer la bataille des législatives.

« Ce 1er mai 2007, au moment où la désindustrialisation menace même notre industrie automobile qui emploie plus de deux millions de travailleurs, je suis fier de leur confiance », a-t-il dit.

Fanch