« Jamais une de mes sociétés n’a eu une croissance aussi rapide! ».
Les propos sont de Bob Young le co-fondateur de Red Hat (célèbre éditeur d’une distribution Linux) mais il parle cette fois de Lulu.com, la société la plus récente qu’il a fondée en 2002 et qu’il est venu présenter le 23 avril 2007 lors d’une conférence de presse à Paris dans un français quasi-parfait.
L’activité est pourtant simple : il s’agit d’imprimer à la demande les livres d’internautes, des albums photos, des calendriers, etc.
Plus de 170 000 créateurs ont déjà ainsi été publiés, plus de 160 000 livres sont vendus chaque mois et la courbe continue de s’accélérer grâce aux nouveautés (2500 par mois) qui s’additionnent aux ventes des anciens titres toujours en catalogue.
Les ouvrages de différents formats sont imprimés un par un sur d’immenses imprimantes Xerox situées dans plusieurs pays.
La solution peut donc être aussi bien utilisée par les particuliers que par les professionnels.
Au début, le taux de déchets atteignait pourtant 10 % mais aujourd’hui on serait autour de 1,5 % selon la société qui travaille encore à réduire ce taux.
Françoise Rudetzki déléguée générale de l’association SOS Attentats qui s’est servi de Lulu pour éditer le livre Des Vies Brisées, reproche toutefois une mise en page qui peut varier d’un pays à l’autre en fonction de la machine qui a imprimé.
La mise en page est pourtant contrôlée et modifiée à la main par l’auteur, une fois le fichier issu de son traitement de texte téléchargé sur le serveur.
Grâce à un partenariat avec Getty Images, il est possible d’utiliser une partie du fond d’images de cette société pour agrémenter les ouvrages.
Au prix de la fabrication (prélevé uniquement au moment d’une vente), il ajoute sa commission dont 20 % iront au prestataire.
Par exemple, si un livre coûte 4 euros à la fabrication et qu’il est vendu 14 euros, l’auteur touchera 8 euros et Lulu.com 2 euros.
Aussi incroyable que celui puisse être, le système est rentable même si un seul exemplaire est vendu!
Pour Bob Young, cette activité risque de dépasser à terme celle des traditionnelles maisons d’édition sans toutefois les inquiéter.
Au contraire, un autre auteur présent dans la salle explique : « J’ai interrogé des éditeurs au Salon du Livre, aucun ne connaissait Lulu.com mais ils étaient contents car cela leur éviterait de recevoir certains manuscrits qu’ils n’éditeront pas de toutes façons ».
Fanch
