De nombreux maires préfèrent cette année ne pas parrainer de candidats

Prudents à un an des prochaines élections municipales et échaudés par la campagne présidentielle de 2002, de nombreux maires du nord de la France préfèrent cette année ne pas parrainer de candidats.

Les candidats à l’élection présidentielle pourront à partir de jeudi et jusqu’au 16 mars renvoyer au Conseil constitutionnel leur formulaire de parrainage.

Cinq cents sont nécessaires pour être déclarés officiellement candidat.

Ils doivent provenir d’au moins 30 départements ou territoire d’outre-mer différents et peuvent être signés par les maires, conseillers généraux et régionaux.

Environ 40.000 personnes sont en France habilités à fournir un parrainage, dont à peu près 36.000 maires.

Le plus souvent dans les grandes villes, les maires sont politisés et donnent d’emblée leur sésame à leur parti politique, ce qui oblige les « petits » candidats sans structure forte derrière eux à aller démarcher dans les petites communes.

2007 s’annonce pour eux beaucoup plus compliqué que 2002, en raison de la publicité faite autour de la publication des noms des parrains au Journal officiel et de la proximité des élections municipales de mars 2008.

Ils sont 894 maires concernés dans le Pas-de-Calais, 652 dans le Nord et tous ont reçu des sollicitations par courrier, fax, ou téléphone la plupart du temps.

Certains, comme Jean-François Depret et Marie-Dorothée Flahaut, maires de Farbus et Bécourt dans le Pas-de-Calais, racontent avoir aussi reçu une visite à domicile de deux représentants du candidat de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Olivier Besancenot.

Si les représentants des candidats ont des difficultés, c’est parce que huit fois sur dix, ils repartent bredouilles, sans même avoir pu entamer la discussion avec le premier magistrat de la commune.

Ils sont une grande majorité à réagir comme Emile Coquidé et à ne pas accepter de signer, en avançant deux raisons: ne pas heurter les électeurs, et ne pas risquer les représailles.

« On essaye de vivre avec tout le monde et de vivre en paix », dit Jean-Pierre Louvet, maire de Wierre-Effroy (800 habitants), dans la région de Boulogne-sur-Mer.

Tous savent que, dans un an, il faudra se présenter devant les électeurs avec le risque d’être « catalogué » en fonction d’un parrainage.

Les maires acceptent mal la publication, au Journal officiel et sur internet, de 500 noms tirés au sort pour chaque candidat.

Dans leur entourage, dans leur commune, cela a été mal vécu », explique Patrick Masclet.

Fanch