Les promesses de Royal et Sarkozy, c’est du pipeau !

Ségolène Royal, comme Nicolas Sarkozy auparavant, a laissé largement en suspens dimanche dans son discours de Villepinte la question du financement de ses propositions, tout en partageant le diagnostic sur la situation préoccupante des finances publiques.

Dès le début de son discours, la candidate socialiste s’est montrée soucieuse du poids de la dette publique, qui est « devenue insoutenable », et a rappelé que « les intérêts qu’elle génère sont devenus à eux seuls la deuxième dépense du budget de la nation ».

Le ministre de l’Economie, Thierry Breton, et le ministre délégué au Budget, Jean-François Copé, étaient déjà montés au créneau sur ce thème, le premier assurant que les mesures annoncées par la candidate socialiste étaient « impossibles à financer », le second se disant « effaré » par un programme qu’il avait renoncé à chiffrer.

Eric Besson, député PS de la Drôme, a immédiatement réagi en affirmant dans un communiqué que les propositions de Nicolas Sarkozy faisaient apparaître « un solde de dépenses nettes de plus de 77 milliards ».

Mi-janvier, l’UMP évaluait à 27 milliards d’euros le programme de son candidat.

Dans une note publiée lundi, les analystes de Bank of America renvoient dos à dos les deux candidats, estimant que « malgré leur opposition farouche en apparence », ils « semblent partager une opinion bien ancrée: un budget équilibré, cela n’existe pas, du moins en période de campagne électorale ».

Jean-Damien Pô, directeur de la cellule de chiffrage de l’Institut de l’entreprise, évalue les annonces du candidat UMP à « un peu moins de 50 milliards d’euros », et celles de la candidate PS à « 50-55 milliards », sachant que certaines propositions n’ont pas encore été chiffrées.

Fanch