Nicolas Sarkozy défend sa conception de la « valeur travail »

Nicolas Sarkozy a passé plus de quatre heures jeudi matin au marché de gros de Rungis, près de Paris, où il a défendu sa conception de la « valeur travail » auprès de « la France qui se lève tôt ».

Quand le candidat de l’UMP à l’élection présidentielle, en anorak blanc et col roulé bleu marine arrive au pavillon de la marée, il est à peine plus de cinq heures et il fait nuit.

« Je suis venu à Rungis pour voir la France qui se lève tôt parce que je pense toujours que le problème de la France c’est le travail », dit-il à des journalistes.

« Il faut respecter le travail, il faut le valoriser et il faut le récompenser et ici, ils savent ce que c’est que le travail. »

Nicolas Sarkozy déambule entre les caisses de poissons, de crustacés et de fruits de mer, arrêté par des grossistes et des salariés qui l’interpellent sur la durée du temps de travail, la pénibilité de leur tâche et le départ à la retraite.

« Vous avez des gars qui commencent à dix heures du soir et travaillent jusqu’à pas d’heure ; 42 ans de travail c’est beaucoup pour ces gens-là », résume Philippe Amouroux, grossiste.

Le candidat admet qu’il faut prendre en compte la pénibilité du travail mais répète aux uns et autres : « Il faut laisser les gens travailler plus pour gagner plus, c’est mon programme (…) Moi je veux être le candidat du travail. »

Je suis obligée de dormir en deux fois », se plaint une femme d’une cinquantaine d’années.

« Et le câlin, c’est une fois par semaine! », lance un homme qui se mêle à la conversation.

D’autres se plaignent des quotas et des normes de pêche décrétés par l’Union européenne.

Une femme, derrière un guichet tempête : « Qui va payer pour cette campagne ? ».

Mais dans l’ensemble, les échanges sont bon enfant, même quand les interlocuteurs mettent en doute la capacité du candidat à tenir ses promesses – « Est-ce que vous n’avez pas les pieds et les mains liés ? »

Dans le pavillon de la triperie, un chevillard d’origine marocaine explique à Nicolas Sarkozy en quoi consiste la viande « hallal » (abattue selon le rite musulman).

Ici, de nombreux salariés sont originaires d’Afrique et d’Afrique du Nord mais ne semblent pas tenir rigueur au ministre de l’Intérieur d’avoir promis de nettoyer une cité de banlieue au Kärcher ou d’en débarrasser une autre de sa « racaille ».

« M. Sarkozy, sincèrement, s’ils avaient trouvé un bon boulot payé correctement, les racailles ne seraient pas dans les halls d’immeuble.

Ils seraient en train de charbonner, comme tout le monde », lui dit sans agressivité Tarek, 22 ans.

Fanch