L’UNION européenne lance officiellement aujourd’hui une procédure antidumping contre la Chine et le Vietnam

L’UNION européenne va lancer officiellement aujourd’hui une procédure antidumping contre la Chine et le Vietnam, deux pays accusés d’écouler leurs chaussures en cuir à vil prix sur le marché européen.

«Après une enquête de neuf mois, la direction générale du commerce de la Commission a conclu qu’il y avait des preuves confirmées de soutien de l’Etat dans [ce] secteur», a déclaré le porte-parole du commissaire au Commerce, Peter Power.

Des taxes à l’importation seront apposées d’une manière progressive sur tous ces articles à partir du 7 avril.

Faute de réponse satisfaisante des autorités de Pékin et de Hanoï, ces taxes pourraient atteindre un peu moins de 20% six mois plus tard, soit le 7 octobre prochain.

Cette décision est l’aboutissement d’une enquête lancée par Bruxelles à la mi-2005 à la suite de plaintes de plusieurs Etats membres, dont l’Italie.

Après la suppression des quotas, le 31 décembre 2004, près de 120 000 chaussures vietnamiennes ont envahi le marché européen en 2005, soit une hausse de près de 700% en un an.

Plus que les quantités, ce sont les prix qui alarment Bruxelles.

La paire de chaussures incriminée coûte en moyenne 8,5 euros aux frontières de l’Union, tandis que la valeur globale a atteint 2 milliards de dollars en 2005.

Au Vietnam, par exemple, une entreprise publique, contrôlée par le ministère de la Défense, et baptisée «Factory 32», est soupçonnée de fabriquer des chaussures en cuir de tous modèles à grands renforts de subventions publiques.

En Chine, les autorités accordent également des prêts à des entreprises, à des taux jugés «non commerciaux».

Face à ce dumping, l’Italie avait exigé de la Commission qu’elle applique des taxes sur les chaussures équivalant à 50% du prix.

En retour, la Chine, par la voix du ministre de son commerce, avait menacé l’UE d’une plainte devant l’OMC.

A son tour, le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson a jugé la demande italienne trop élevée : ce sera donc une taxe de 20% instaurée de manière progressive.

La proposition communautaire devra être discutée et approuvée par une majorité des 25 Etats membres.

Cette mesure aurait néanmoins un impact commercial très limité, voire inexistant : si l’UE imposait 20% de droits sur un prix d’importation moyen de 8,5 euros, cela entraînerait une hausse de 1,70 euro sur le prix moyen d’une paire en magasin, qui avoisine aujourd’hui 35 euros.

Les distributeurs peuvent même se permettre d’absorber ce surcoût sans menacer leurs marges.

Les exportations de chaussures à dessus cuir de la Chine et du Vietnam, bien qu’en pleine expansion, ne représentent à ce jour qu’environ 8% du total des chaussures vendues en Europe.

Des tarifs antidumping seront appliqués aux chaussures chinoises et vietnamiennes à partir du 7 avril.

Fanch