Le ministère de l’agriculture a confirmé, samedi 18 février au soir, que le canard sauvage dont le cadavre a été retrouvé lundi sur la commune de Joyeux, dans l’Ain, était porteur du virus H5N1, officialisant la présence de la grippe aviaire en France.
« Ce virus présente 99% d’identité avec le virus d’origine asiatique », précise dans un communiqué le ministère, se fondant sur les résultats transmis par le laboratoire de référence de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa).
Un numéro de téléphone unique, le 0 825 302 302 a été mis en place pour s’informer sur la grippe aviaire, a annoncé samedi le ministère de la santé.
«L’appel est facturé 0,15 euros la minute».
“Cette plateforme fournit la liste des pays touchés (Tapez 1), les recommandations aux voyageurs (Tapez 2) et répond aux questions plus générales sur la grippe aviaire (Tapez 3)”.
Ouverte de 8 heures à 22 heures, 7 jours sur 7, elle met en relation les appelants avec des télé-opérateurs ayant une spécialisation sanitaire.
Une quinzaine d’oiseaux morts retrouvés sur le sol français font l’objet d’analyses dans divers laboratoires.
L’annonce de la présence de ce virus en France paraissait depuis quelques jours inéluctable, plusieurs pays voisins ayant signalé la présence sur leur sol d’oiseaux touchés par cette épidémie venue d’Asie.
En visite d’Etat à Bangkok, le président Jacques Chirac s’est voulu rassurant en mettant en avant la mobilisation des autorités.
« C’est une situation qu’il faut prendre avec calme mais avec le plus grand sérieux, dans un esprit de responsabilité, et en veillant au respect intransigeant du principe de précaution », a-t-il dit.
« Nous avons décidé de déclencher sans aucun délai les mesures de protection, de contrôle et de surveillance renforcés qui sont prévues par les plans d’action gouvernemental et européen », a rappelé le chef de l’Etat, assurant que la France s’était « préparée de longue date » à ce scénario.
Une « zone de protection renforcée » d’un rayon de trois kilomètres autour du lieu où a été découvert le canard sauvage s’étend sur 14 communes et englobe 20 élevages professionnels et 136 basses-cours.
Le parc ornythologique de la Dombes, qui se trouve dans ce périmètre, a été fermé.
Il est interdit de sortir des volailles de ces deux périmètres, qui sont soumis à des mesures spécifiques d’inspection des élevages et de désinfection.
« La viande de volaille ne présente aucun danger pour la consommation », a rappelé le ministre de l’agriculture.
En réponse aux inquiétudes de la filière avicole après la confirmation qu’un canard sauvage était mort du virus H5N1 de la grippe aviaire dans l’Ain, Dominique Bussereau a déclaré dimanche que le premier ministre était « prêt à prendre des mesures supplémentaires de solidarité » financière.
Le ministre de l’agriculture, qui s’exprimait sur Europe 1, a refusé d’évoquer un montant.
Mais il a déclaré que les sommes déjà annoncées – 5 millions d’euros d’aides aux éleveurs et 1 million pour la communication – correspondaient « à la situation d’hier, certainement plus à celle d’aujourd’hui ».
Et d’évoquer des campagnes d’incitation à « consommer des volailles », qui « n’ont jamais en France été à un tel niveau de qualité ».
« Il n’y a aucun risque », a répété le ministre.
La présidente du Medef a jugé dimanche nécessaire de « réfléchir aux conséquences économiques » de la grippe aviaire, mais aussi de « tout faire pour aider immédiatement » la filière avicole, »non seulement dans ses pratiques d’élevage, mais aussi économiquement et financièrement pour contenir le plus possible le risque ».
« Il vaut mieux tout faire pour éviter le passage d’un stade (de contamination) à un autre pour des raisons de santé publique, mais aussi parce que cela pourrait avoir des conséquences graves sur le plan économique », a déclaré Laurence Parisot au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, qui inivite à « d’emblée élaborer tous les scénarios, même noirs ».
Le site internet du Medef propose une page spéciale sur le sujet, informant les entreprises et les incitant à prendre des mesures de prévention.
Dominique Bussereau a réaffirmé, entre autres mesures, que la vaccination des canards et oies d’élevages « situés dans les zones humides » de la Loire-Atlantique, de la Vendée et des Landes débuterait mercredi, pour durer un mois.
La filière avicole, très divisée et ne disposant pas d’une interprofession dotée d’importants moyens financiers comme celle de la viande bovine lors de la maladie de la vache folle, craint que l’impact médiatique de la grippe aviaire dure des mois. »On est sur le pied de guerre.
La consommation de volailles a baissé de 15 % en moyenne depuis janvier, par rapport à la même période 2005.
« Il y a de très fortes probabilités qu’on découvre en France très prochainement, comme en Allemagne, de nombreux autres oiseaux sauvages infectés par le virus H5N1 », reconnaissait-on dimanche au ministère de l’agriculture.
La direction des services vétérinaires de l’Ain a estimé « non négligeables » les risques de propagation de la grippe aviaire à d’autres oiseaux sauvages autour de Joyeux.
Fanch
