Dominique de Villepin a pris le risque de heurter de front les syndicats en annonçant lundi de nouveaux assouplissements du marché de l’emploi et en lançant le chantier d’une « réforme globale du contrat de travail ».
« Il y a une grande cohérence de la part du Premier ministre.
Son objectif, c’est la flexibilité », a déclaré à Reuters Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT chargée des questions d’emploi.
A l’inverse, le président de l’association d’entrepreneurs CroissancePlus, Geoffroy Roux de Bezieux, a salué le nouveau contrat première embauche, destiné aux jeunes, comme un dispositif qui « concourra à adapter le code du travail aux règles économiques qui gouvernent les entreprises ».
Le Premier ministre a demandé aux ministres de la Cohésion sociale et de l’Emploi Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher d’ouvrir « dès la semaine prochaine » des discussions sur la réforme du financement de la protection sociale annoncée par Jacques Chirac, ainsi que sur la réforme du contrat de travail et les allègements de charges sur les heures supplémentaires.
« Il y a une difficulté majeure pour l’entreprise, je souhaite y répondre sans attendre et parler avec l’ensemble des partenaires sociaux du problème du contrat de travail en général », a plaidé Dominique de Villepin, soulignant que « c’est toute la vision de l’avenir de notre société » qui est en jeu ».
Trois principales pistes de réforme du contrat de travail ont été énoncées depuis 2002 dans les rangs patronaux et au sein de la majorité UMP : un « contrat de mission » adapté à chaque situation, une extension à toutes les entreprises du contrat nouvelles embauches qui simplifie les licenciements, et un contrat unique qui évolue en fonction de la carrière et de l’ancienneté.
Outre le contrat nouvelles embauches lancé en août et sa variante « première embauche » pour les moins de 26 ans annoncée lundi, le Premier ministre à entériné le CDD-seniors négocié cet automne entre le patronat et trois des cinq confédérations syndicales (CFDT, CFTC et CFE-CGC).
Il a aussi annoncé en décembre l’expérimentation d’un « contrat de transition professionnelle » pour les salariés licenciés dans des bassins d’emploi en grande difficulté.
Les syndicats se sont tous inquiétés des modifications successives apportées par le gouvernement au droit du travail alors qu’une réécriture du Code du travail est prévue d’ici l’été.
Le président de la confédération des cadres CFE-CGC a par avance jugé « indispensable » que la réflexion sur le contrat de travail soit menée « dans la concertation ».
Fanch
