Des hordes de Palestiniens dans les rues de Nevé Dekalim

Des hordes de  Palestiniens dans les rues de Nevé Dekalim

Pilleurs et ferrailleurs régnent en maîtres aux premiers jours sous contrôle palestinien sur l’ex-colonie juive de Neve Dekalim, dans la bande de Gaza.
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Après les soldats et les porteurs de drapeaux, des hordes de miséreux à pieds, en voitures déglinguées ou à bord de charrettes tirées par des ânes, se sont précipités dès lundi sur les rares bâtiments intacts et les monceaux de ruines laissés derrière eux par les colons et l’armée israélienne.

La joie, la colère et les slogans nationalistes des premières heures ont laissé place à une frénésie, âpre et silencieuse, d’accumulation et de récupération.

Bois, métal, plastique, câbles, grillages et barrières, poteaux électriques, tuiles des toits, montants des fenêtres, rampes des escaliers: tout est démonté, brisé, tordu ou cassé et jeté en vrac dans les véhicules ou sur le bas-côté.

Au première étage de la synagogue, la plus grande des 26 que comptait la bande de Gaza, Ahmad Abou Chaab, 12 ans, range dans un sac plastique troué un rouleau de fil électrique qu’il vient d’arracher au mur.

Plus personne ne se donne la peine de désacraliser les lieux: temple juif ou pas, c’est surtout désormais une source de matière première de laquelle il faut arracher tout le métal possible.

Dans un coin de la cour, des paquets de pain azyme, aliment juif traditionnel, sont par inadvertance piétinés et réduits en poudre.

Abandonné dans un escalier le panneau « Lieu sacré », en arabe et anglais, accroché par les soldats israéliens juste avant leur départ, n’intéresse personne bien qu’étant en métal.

Plus loin Amin, 30 ans, et un ami qui refuse de dévoiler son identité démontent les grillages métalliques entourant un jardin d’enfants.

Cela vaut pas très cher, dans les 20 shekels le panneau (3,5 euros) mais c’est de la qualité israélienne…

Fanch