L’offre publique d’achat (opa) de PepsiCo sur Danone n’aura pas lieu.
Dimanche 24 juillet, le groupe américain a indiqué à l’Autorité des marchés financiers (AMF) qu’il ne » préparait pas, actuellement, d’opération de ce type », a révélé le quotidien Les Echos dans son édition du 25 juillet.
Le groupe agroalimentaire français Danone a indiqué lundi avoir « pris acte » de l’annonce faite par l’américain PepsiCo à l’Autorité française des marchés financiers (AMF) selon laquelle il ne préparait pas d’opération le concernant.
« Une information de cette nature est la seule qui puisse mettre un terme aux rumeurs persistantes qui ont alimenté la spéculation des marchés depuis maintenant plus de deux semaines et qui étaient nourries par l’absence de démenti » indique le porte-parole du groupe dans un communiqué.
L’action Danone a chuté lundi à la Bourse de Paris et a terminé la séancesur un repli de 7,52% à 81,80 euros dans un marché en hausse de 0,15% à 4.422,12 points, après avoir fortement grimpé la semaine précédente, soutenu par des rumeurs de lancement d’une offre publique par PepsiCo.
Le groupe figure parmi les trois premiers mondiaux dans ses trois pôles d’activité.
Danone est le leader mondial du secteur, qui constitue 51 % de son activité, avec les marques Actimel, Bio, Taillefine, Jockey, Petit Gervais…
Propriétair d’Evian, Volvic ou Badoit, Danone est le numéro un mondial de l’eau en bouteille (en volumes).
Cette activité représente 25 % de son chiffre d’affaires.
Danone est le numéro deux mondial avec des marques comme Lu, Prince, etc. (22 % de son chiffre d’affaires).
Présent dans 120 pays, le groupe, qui compte près de 90 000 salariés, cherche à s’étendre vers l’Asie, notamment la Chine, pays qui représente déjà près de 10 % de son chiffre d’affaires.
Sixième groupe agroalimentaire avec un chiffre d’affaires de 13,7 milliards d’euros, Danone a vu, en 2004, sa marge opérationnelle progresser de 22 points, pour atteindre 12,4 %, tandis que son bénéfice net (hors éléments exceptionnels) augmentait de 9,3 %, à 917 millions d’euros.
Cette déclaration met un terme à la polémique qui s’est développée depuis quelques jours sur la menace de voir tomber un des plus grands groupes français dans le giron du géant de l’agroalimentaire américain.
Les précisions de PepsiCo ont déjà eu une conséquence, le titre Danone dégringolait de 8,20 %, à 81,2 euros, lors des premiers échanges à la Bourse de Paris, lundi matin.
Pour tenter d’éclairer les investisseurs sur les intentions de PepsiCo, Gérard Rameix, le directeur général de l’AMF, demandait, depuis quelques jours, à ce dernier de préciser ses intentions.
« C’était une information importante à donner au marché, et j’ai agi dans le cadre de notre règlement », a-t-il déclaré au Monde.
Le gendarme de Bourse a en effet la possibilité d’agir dans ce cas de figure.
L’article 222-7 du règlement de l’AMF précise que « toute personne qui prépare, pour son compte, une opération financière susceptible d’avoir une incidence significative sur le cours d’un instrument financier ou sur la situation et les droits des porteurs de cet instrument financier doit, dès que possible, porter à la connaissance du public les caractéristiques de cette opération ».
Le texte précise cependant que « si la confidentialité est momentanément nécessaire à la réalisation de l’opération et si elle est en mesure de préserver cette confidentialité, la personne mentionnée au premier alinéa peut prendre la responsabilité d’en différer la publication ».
Beaucoup d’observateurs s’étonnaient en effet que des conseils en communication proches de Danone alertent les médias en coulisse de l’éminence d’une attaque de PepsiCo sur le groupe alimentaire français.
Depuis que le magazine Challenges avait indiqué que le groupe PepsiCo avait acquis 8 millions d’actions de Danone, soit 3 % du capital du groupe français, le titre avait grimpé de 27 % pour atteindre un sommet de 92,65 euros.
Si, dans un premier temps, l’information de Challenges, démentie le 6 juillet par PepsiCo lui-même, avait eu un impact limité sur les cours du groupe agroalimentaire français, les déclarations, le 14 juillet sur Europe 1, de Stéphane Fouks, directeur général d’Havas, selon lesquelles « il ne manquerait plus qu’il y ait une opération hostile sur un grand groupe français » avaient été interprétées comme l’imminence du déclenchement des hostilités contre Danone.
Ce jour, la Bourse n’étant pas fermée malgré la fête nationale, l’action repartait à la hausse.
Quatre jours plus tard, les propos de Patrick Ollier, président (UMP) de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, sur LCI, indiquant qu’il était « très inquiet d’imaginer que Danone (…) risque de passer sous la domination de PepsiCo » rendaient crédibles les rumeurs d’une attaque sur le groupe français.
L’action Danone bondissait de 17 % en quelques séances par la suite.
Jeudi 21 juillet, la fièvre sur le titre Danone retombait.
Dans le même temps, Colette Neuville, présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires, avait annoncé qu’elle demandait à l’AMF l’ouverture d’une enquête pour « déterminer si les rumeurs sur Danone ne relèvent pas de la manipulation de cours et du délit d’initié ».
Fanch
