Gandi et ses noms de domaine sont à vendre

Au printemps 2000, la France s »éveillait encore lentement à Internet.

A cette époque, Laurent Chemla, l »un des quatre fondateurs du gestionnaire de noms de domaine (registrar) Gandi, prenait la plume dans les colonnes du Monde pour une bien singulière confession : « Je suis un voleur. Je vends des noms de domaine. Je gagne beaucoup d »argent en vendant à un public qui n »y comprend rien un simple acte informatique qui consiste à ajouter une ligne dans une base de données. »

Cinq ans plus tard (fortune faite ?), la société qu »il avait créée avec Valentin Lacambre, Pierre Beyssac et David Nahmias, truste la première place du marché français, grâce à des prestations assez compétitives (noms de domaine à 12 euros hors taxes). Mais Gandi est à vendre. Car ceux qui se rêvaient en hérauts d »un Internet libertaire ont, semble-t-il, mal vécu le passage à une économie de marché. « Les dissensions entre les quatre actionnaires de départ sont trop importantes pour que l »entreprise poursuive son chemin en l »état », a déclaré au quotidien économique Les Echos, Laurent Chemla, les profits réalisés par la société étant jugés « illégitimes », par deux des quatre fondateurs.

Résultat, le dossier de la vente de Gandi a été confié au cabinet d »avocats Bersay & Associés. Mais les exigences financières sont pour l »heure tellement importantes qu »elles auraient déjà découragé plus d »un acquéreur potentiel. « Au prix évoqué [on parle de 12 à 13 millions d »euros, NDLR], nous ne sommes pas intéressés. C »est trop cher, confie Octave Klaba, directeur technique du registrar OVH (également hébergeur de 01net.).De plus, si l »on reprend une société comme Gandi, il faut avoir une vision claire de ce que l »on entend faire avec. Et ce n »est pas chose facile, tant le succès de Gandi est attaché à son positionnement marketing et à la personnalité de certains de ses fondateurs. »

A l »initiative de ses cofondateurs, dont Valentin Lacambre (à l »origine de la création de FIL, Fédération Internet et libertés), Gandi soutient en effet certains pans de l »Internet solidaire et coopératif, comme l »hébergeur Gitoyen. Et nul ne sait ce qu »il adviendra de ces actions avec le nouveau repreneur.

Philippe Crouzillacq, 01net[source – yahoo.com]