Journée de solidarité : le comité de suivi pour un abandon de la référence au lundi de Pentecôte

Si le comité est favorable au maintien du dispositif, il plaide aussi pour davantage de souplesse. Il préconise un régime particulier dans l’Education nationale

Maintien du dispositif mais plus de « souplesse ». C’est l’avis donné par le comité de suivi de la journée de solidarité après un bilan de son application. Selon le député UMP Jean Leonetti, le président de ce comité composé de sept parlementaires et six hauts fonctionnaires et personnalités qualifiées, les partenaires sociaux devraient pouvoir choisir librement le jour férié supprimé. Autrement dit, le lundi de Pentecôte ne devrait pas être la règle.

Dévoilant en partie un rapport qui sera remis à la fin du mois au Premier ministre Dominique de Villepin, Jean Leonetti a regretté que le gouvernement ait « proposé une loi souple » tenant « compte de la diversité des entreprises » alimentant du même coup le sentiment d’injustice de bon nombre de salariés. Le député des Alpes-Maritimes dresse un bilan particulièrement sévère sur cette journée du 16 mai dans l’Education nationale, où l’absentéisme a atteint un niveau record alors que les coûts induits pour les collectivités territoriales (cantines, transports) ont été considérables. Il propose donc un régime particulier pour l’Education nationale qui pourrait prendre la forme d’une demi-journée ou journée de vacances travaillée pour les enseignants, par exemple à la Toussaint. Une solution aussitôt rejetée par la Fédération syndicale unitaire. Cela « n’apporterait rien de plus à la solidarité et n’améliorerait pas le système éducatif. Cela ne pourrait être perçu que comme une brimade », a dénoncé la première fédération de l’Education et de la Fonction publique d’Etat.

Si le comité de suivi se prononce pour un maintien d’une journée de solidarité, l’Insee, lui, a dressé un bilan peu flatteur du 16 mai dernier, premier lundi de Pentecôte travaillé. Selon ses estimations, « la capacité de production qui a été en service le 16 mai équivaut à la moitié (49,5 %) de la capacité de production utilisée les jours ouvrés au cours de la période récente ». Un résultat basé sur les réponses d’un panel de 113 grandes entreprises industrielles et confirmé par une étude de la consommation d’électricité. En regardant si elle s’apparentait à celle d’un jour ouvré ou non travaillé, les statisticiens ont trouvé que « l’activité supplémentaire observée par rapport à celle d’un lundi férié a été de 55 % ». L’impact de ce lundi travaillé sur la croissance devrait être « légèrement positif, très proche de zéro ». Pour les finances publiques, il sera en revanche total, les entreprises, ouvertes ou fermées, ayant dû acquitter la contribution de 0,3 % de leur masse salariale.

[source – lesechos.fr]