Incertitude sur l’expulsion annoncée d’Anne-Sophie Le Mauff

Incertitude sur le sort d’Anne-Sophie Le Mauff. Les autorités irakiennes avaient annoncé leur intention d’expulser mercredi la dernière correspondante indépendante de la presse française recensée en Irak, mais Reporters sans Frontières (RSF) ne confirmait pas son départ tandis que « L’Humanité » annonçait qu’elle quitterait le pays « dans les heures qui viennent ».

« On ne sait pas si elle est partie, on n’arrive pas à la joindre », indiquait-on mercredi en fin d’après-midi à RSF, joint par l’Associated Press. Le quotidien « Sud-Ouest » et Radio Monte-Carlo auxquels la journaliste collabore n’avaient pas plus de précisions.

Mais dans un article qui paraît dans son édition de jeudi, le quotidien « L’Humanité », pour lequel Anne-Sophie Le Mauff travaille également, indique que sa correspondante est « contrainte de mettre à exécution dans les heures qui viennent (l’ordre d’expulsion) qui lui a été signifié par les autorités irakiennes ». « Elle nous a confirmé la nouvelle hier (mercredi, NDLR), encore sous le choc, et nous confiant sa colère et son amertume. Elle devrait se replier vers Amman, en Jordanie », souligne l’article de Pierre Laurent, le directeur de la rédaction.

Anne-Sophie Le Mauff travaille en Irak depuis plus d’un an, notamment pour « L’Humanité », « Sud-Ouest », Radio Monte-Carlo, ainsi que pour Radio Vatican et Radio Canada.

RSF a dénoncé mardi la décision de l’Irak d’expulser la journaliste, mesure qui aurait été prise à la demande des autorités françaises, selon l’organisation de défense des journalistes. « Anne-Sophie Le Mauff devrait être expulsée d’Irak le 22 juin (mercredi, NDLR). Elle a affirmé (…) que des responsables du ministère irakien de l’Intérieur lui avaient expliqué qu’ils agissaient ainsi à la demande des autorités françaises », avait souligné RSF dans un communiqué.

Le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a démenti mercredi que la France ait demandé aux autorités irakiennes de renvoyer la journaliste. « A aucun moment il n’y a eu de pression sur les autorités irakiennes », a-t-il dit à la sortie du conseil des ministres. Selon le Quai d’Orsay, « les autorités irakiennes ont fait part à la journaliste (…) de leur décision de l’expulser en raison de menaces pesant sur sa sécurité ».

« Expulser un journaliste étranger est une grave atteinte à la liberté de la presse », s’est indigné RSF, qui a joué un rôle essentiel dans la mobilisation en France pour la libération des ex-otages Christian Chesnot, Georges Malbrunot et Florence Aubenas, ainsi que des guides qui les accompagnaient. « Si les autorités françaises ont réellement demandé aux Irakiens d’expulser Anne-Sophie Le Mauff, cette procédure est inacceptable. »

Jointe par téléphone par France-Info, Anne-Sophie Le Mauff s’est demandée de son côté « où est la liberté de presse? ». « C’est un coup dur étant donné que cela fait plus d’un an que je vis sur le territoire irakien, où j’ai connu des situations extrêmes au niveau du danger. Et là on m’apprend que les autorités françaises ne veulent plus ma présence sur le territoire. Ma première réflexion c’est: où est la liberté de la presse? »

[source – yahoo.com] AP