Pékin juge l’enquête textile de l’UE contraire au libre-échange

La Chine estime que l’enquête que compte ouvrir l’Union européenne sur l’explosion des importations de certaines catégories de textiles chinois est contraire à l’esprit du libre-échange, et qu’elle pourrait endommager à terme les relations commerciales sino-européennes.

« Cela contredit le soutien affiché régulièrement par l’Europe en faveur du libre-échange et menace le développement et la stabilité à long terme des échanges, dans le domaine du textile, entre la Chine et l’Europe », a déclaré Chong Quan, un porte-parole du ministre du Commerce chinois, dans un communiqué.

« La Chine espère que l’Europe est capable d’identifier les effets négatifs qu’aurait, sur les relations économiques et commerciales bilatérales, une limitation des (importations) de produits textiles », a ajouté Chong, dont les propos sont publiés sur le site internet du ministère du Commerce (http://www.mofcom.gov.cn).

Les textiles et vêtements chinois représentaient 17% de la production mondiale en 2003, mais l’Organisation mondiale du commerce pense que sa part atteindra plus de 50% de la production mondiale dans les trois prochaines années.

DES CHIFFRES TROMPEURS, SELON PEKIN

L’Union européenne fait l’objet de fortes pressions par les principaux pays européens producteurs de textiles pour qu’elle ouvre rapidement une enquête sur l’explosion des importations de textiles chinois, première étape d’une procédure qui pourrait conduire à des mesures de sauvegarde réclamées par la France.

Le commissaire au Commerce Peter Mandelson recommande l’ouverture d’une enquête sur les importations de neuf catégories de produits textiles chinois, dont certaines ont augmenté de plus de 500% depuis l’expiration, le 1er janvier, d’un accord qui établissait des quotas d’importations.

Selon Chong, les chiffres sur lesquels se fonde l’UE pour analyser les tendances commerciales sont trompeurs parce qu’ils ne prennent pas en compte l’élargissement l’an dernier de l’UE, qui compte dix nouveaux membres.

« La Chine va soumettre à ce sujet ses commentaires officiels à l’Europe, et va procéder à des consultations non officielles », a déclaré Chong.

Les termes de son adhésion en 2001 à l’OMC prévoient que la Chine accepte la mise en place d’une limitation des importations de produits textiles chinois, à 7,5% au-dessus du niveau des importations de l’année précédente, jusqu’en 2008, à condition toutefois que les pays concernés puissent justifier du fait que leur propre secteur textile souffre de la concurrence chinoise.

Les Etats-Unis étudient eux aussi l’impact de cette hausse des importations chinoises sur leur production textile.

[source – yahoo.com] (Reuters)