Le secteur public appelle à la grève.
Et les entreprises du privé renoncent, les unes après les autres, à faire travailler leurs salariés ce jour là.
« Touche pas à mon jour férié ». L’expression est de Thierry Breton, le ministre des finances. Il semble en effet que l’émotion de la canicule avec ses 15 000 morts se soit un peu émoussée, à l’idée de devoir renoncer à une beau week-end de trois jours à Pentecôte.
Et les critiques sont même assez violentes pour la CGC, le syndicat des cadres. « L’idée de travailler une journée, comme ça gratuitement » relève de « l’esclavage moderne ». A la CFTC, le syndicat chrétien, où on parle de « travail forcé ». Du coup, à la SNCF, à la Poste, réflexe classique, avec des préavis de grève déposé ce jour là.
Seul la CFDT semble un peu gênée dans cette affaire. Non pas qu’elle soutienne cette initiative (de « travailler un jour férié ») qui doit permettre de récolter 2 milliards d’euros pour les personnes âgées et les handicapés.
Non, si la CFDT est gênée par cette grève, c’est uniquement pour des considérations juridiques. Le syndicat fait remarquer qu' »on ne peut pas s’octroyer par le grève ce qu’on réclame par la grève ». Et c’est vrai que si on défile pour ne pas travailler.
De fait, on ne travaille pas.
Mais, le secteur privé emboîte le pas au public. Bouygues, TF1, Europe Assistance, la Société générale, Renault. Partout, le 16 mai sera chômé ce jour là. Et ce sur décision de la direction qui dit vouloir ménager les syndicats.
Même si, il semble aussi, que l’activité soit un peu molle en ce moment.
Mais, pas de panique. Les entreprises privées paieront bien leur cotisation, TF1 versera bien les 600 000 euros de taxes pour financer le plan dépendance.
Le 16 mai, sera une sorte de « journée du patron ». Sauf qu’on ne peut pas indéfiniment, comme ça, relever les taxes sur le travail en France.
Le gouvernement, du coup, pourrait décider l’année prochaine de modifier la date.
De trouver un autre jour férié.
Une journée de travail, c’est 2 milliards d’euros pour les caisses de l’Etat.
Ce qui d’ailleurs est assez inquiétant quand on sait que le déficit de l’Etat, est de 60 milliards par an.
Ce qui représente, d’après ce petit calcul, 30 jours de travail.
Voila qui un beau programme pour politique un peu kamikaze. Pour supprimer le déficit de la France, c’est simple, y a qu’à supprimer les vacances.
[source – yahoo.com] (Europe1) Axel de Tarlé
