L’élection du pape par les cardinaux réunis en conclave à partir de lundi suivra les instructions très précises laissées par feu Jean Paul II dans la Constitution apostolique de 1996, qui complète celle de Paul VI datant de 1975.


Seuls les cardinaux âgés de moins de 80 ans sont autorisés à prendre part au vote. Ils sont 115, dont 113 ont été nommés par Jean Paul II. Deux autres cardinaux électeurs n’ont pu gagner Rome pour raisons de santé.
Au début du conclave, les prélats jurent de garder le secret le plus absolu sur leurs délibérations. Le texte de 1996 s’est adapté aux temps modernes: aucun système d’enregistrement électronique n’est autorisé dans la chapelle et les cardinaux sont tenus de laisser leur téléphone portable chez eux.
Il est également prévu que les cardinaux résideront dans la nouvelle résidence Sainte-Marthe, dans des chambres individuelles équipées d’une salle de bains. Elles se démarqueront de l’inconfort des cellules préfabriquées installées dans la chapelle Sixtine qui, dit-on, incitait auparavant les cardinaux à écourter le conclave.
Avant l’ouverture du conclave, les cardinaux assisteront lundi matin à la « Santa Messa per l’elezione del Romano Pontefice », la messe pour l’élection du futur pape dite en la basilique Saint-Pierre de Rome et ouverte à tous les fidèles.
Ils se rendront ensuite en procession jusqu’à la chapelle Sixtine où il seront coupés du monde.
Le mot conclave (du latin Cum Clave: avec une clé) prend alors tout son sens. Son origine remonte au XIIIe siècle lorsque les habitants de Viterbe, excédés par deux ans et neuf mois de palabres stériles de la part des cardinaux, décidèrent de les enfermer dans l’église, d’en enlever le toit pour qu’ils soient soumis aux aléas climatiques et de les restreindre au pain et l’eau.
ECRITURE MAQUILLEE
Une fois réunis, les cardinaux tiennent deux séances par jour, chacune comportant un scrutin. Les électeurs votent sur un parchemin très fin sur lequel ils complètent à la fin la formule en latin « Eligo in summum Pontificem … » (Je choisis comme souverain pontife…).
Les instructions sont si précises que Paul VI a recommandé expressément aux prélats de maquiller leur écriture afin que les trois cardinaux choisis comme scrutateurs ne puissent les identifier.
Chaque électeur va déposer son bulletin de vote, plié, dans une des trois urnes plaquées d’or, d’argent et de bronze qui remplacent le grand calice en or utilisé lors des précédents conclaves. Le décompte des voix a lieu à haute voix. A l’aide d’une aiguille à coudre, l’un des scrutateurs perce chaque bulletin sur le mot Eligo.
Pour qu’un pape soit élu, il doit recueillir les deux tiers des suffrages. Si cette majorité n’a pas été atteinte, les bulletins sont brûlés dans un four avec un additif qui donnera une fumée noire sortant de la cheminée de la chapelle Sixtine.
En cas d’élection, un autre produit est ajouté aux bulletins, qui donnera une fumée blanche indiquant au monde qu’un nouveau pape vient d’être élu.
Si aucun pape n’est choisi après 33 ou 34 tours de scrutin, les cardinaux peuvent décider de passer à la majorité absolue et non plus des deux tiers.
Le nouvel élu, s’il accepte son poste, indique alors sous quel nom il règnera. On fait ensuite entrer dans la chapelle les cardinaux âgés interdits de vote pour qu’ils félicitent le nouveau pontife.
Le doyen du Sacré Collège se présente ensuite au balcon central de la place St Pierre et déclare: « Annutio vobis gaudium magnum, habemus papam » (Je vous annonce une grande joie, nous avons un pape).
Le pape s’avance et prononce sa première déclaration et sa première bénédiction « urbi et orbi ».
[source – yahoo.com] (Reuters)
