Une enquête anti-pédophiles visant 10.000 internautes de 150 pays, initiée par le FBI sous le nom d' »opération Falcon », a entraîné depuis janvier 2004 l’arrestation de 112 personnes en France, a-t-on appris vendredi de source policière.
Les 112 suspects sont « quasi-exclusivement » des hommes de tous âges et toutes origines sociales, arrêtés pour avoir fréquenté des sites internet américains à caractère pédophile, mais aussi téléchargé et/ou diffusé des fichiers, a-t-on précisé de même source.
Certains ont été mis en examen, puis écroués ou placés sous contrôle judiciaire, selon les cas. D’autres ont été libérés avec une convocation devant le tribunal.
Ils habitent dans toute la France : Metz, Nancy, Mulhouse, Strasbourg, Dijon, Aix-en-Provence, Toulon, Bourges, Evry, Versailles, Beauvais, Lille, Angers, Mâcon, « et la liste n’est exhaustive », selon une source policière.
Placé en garde à vue dans le cadre de l’opération Falcon, un habitant des Hauts-de-Seine a été remis en liberté vendredi sous contrôle judiciaire avec obligation de soins et sera jugé à la mi-mai par le tribunal de Nanterre pour « détention d’images et de représentations d’un mineur présentant un caractère pornographique », a-t-on appris de source judiciaire.
Inconnu des services de police, l’homme dont l’âge et l’identité n’ont pas été précisés a reconnu avoir téléchargé des photos et vidéos pédophiles d’enfants de 12 à 14 ans.
Le dernier coup de filet d’importance en France a eu lieu à Bordeaux où onze internautes âgés de 25 à 60 ans ont été mis en examen récemment pour « importation, recel et diffusion de fichiers et d’images de mineurs à caractère pornographique ».
La majorité des 112 suspects français s’est contentée de télécharger des images ou vidéos pédophiles, sans passage à l’acte. Mais certains d’entre eux avaient déjà des antécédents d’agressions sexuelles sur mineurs.
Un homme a notamment été retrouvé en prison par les enquêteurs, où il se trouvait pour un viol, selon une source policière.
Cette source cite même un cas où « des gens se sont filmés ayant des relations sexuelles avec leur enfant ».
En France, la Division nationale de répression des atteintes aux personnes et aux biens (DNRAPB), basée à Nanterre, chapeaute l’enquête au niveau national.
La DNRAPB a reçu en janvier 2004 des informations du FBI sur les suspects français, transmises via Interpol, et les a redirigées sur les parquets territorialement compétents.
Les internautes incriminés avaient été repérés courant 2003 par la police fédérale américaine qui surveillait des sites internet à caractère pédophile basés aux Etats-Unis, dont les propriétaires ont depuis lors été arrêtés.
Pendant sa surveillance, le FBI avait détecté des paiements par cartes bancaires pour accéder au contenu des sites pédophiles où les internautes téléchargeaient photos et vidéos pornographiques d’enfants, parfois très jeunes.
Le FBI avait alors établi une liste des payeurs. Au total, près de 10.000 personnes originaires de 150 pays figurent sur cette liste.
Si l’opération Falcon peut surprendre par son ampleur, elle n’est pourtant « pas exceptionnelle », tempère une source proche de l’enquête. « C’est une affaire comme on en fait régulièrement, deux à trois fois par an, que ce soit à l’initiative de la France ou de pays étrangers », explique cette source.
D’autres arrestations devraient encore intervenir en France dans l’opération Falcon, selon la même source.
