Philippe Douste-Blazy, le ministre de la Santé, a indiqué mercredi sur Europe 1 que les comptes de la sécurité sociale pour 2004 faisaient apparaître « deux milliards d’économies de plus que prévu », grâce notamment au recul du déficit de l’assurance maladie.
Le ministre a par ailleurs exprimé sa volonté de résoudre le problème de la permanence des soins, avec la volonté qu’il y ait une garde médicale « obligatoirement dans tous les secteurs », invitant les syndicats d’urgentistes à une concertation au ministère dès cette semaine.
« Les comptes de la sécu pour 2004 sont arrêtés aujourd’hui. On a une surprise, on ne s’y attendait pas. Nous aurons deux milliards d’économies de plus que prévu lors du projet de loi de financement de la sécurité sociale », a déclaré M. Douste Blazy. Ainsi le déficit du régime général est ramené à 12 milliards d’euros contre 14 prévus.
Le ministre a souligné à cet égard la performance de l’assurance maladie dont le déficit est ramené à 11,6 mds contre 13,2 prévus. « Ca fait une dizaine d’années qu’on n’a pas eu cette surprise et c’est essentiellement dû à l’assurance maladie » dont les dépenses « progressent moins vite », a souligné M. Douste-Blazy.
« On peut voir pour la première fois depuis plus de dix ans qu’il y a une progression très, très faible, de 1,6%, des dépenses de soins de ville, c’est-à-dire des médecins » a fait valoir le ministre ajoutant: « Il y a aussi une diminution de la progression sur les médicaments avec les génériques ».
Ce résultat est « énorme », a estimé M. Douste-Blazy, selon lequel « il faut continuer le combat » dès lors qu’il est démontré « que lorsqu’on change de comportement, on peut modifier le cours des choses à l’assurance maladie ».
Le ministre s’est réjoui de la montée en puissance du dispositif du médecin traitant instauré par la réforme de l’assurance maladie, pronostiquant qu’au 1er juillet « 50 à 52 % » de Français auront choisi leur médecin traitant alors qu’ils sont « déjà six millions » à l’avoir fait aujourd’hui.
Le ministre a par ailleurs indiqué qu’il avait « décidé avec Xavier Bertrand », le secrétaire d’Etat à l’assurance maladie, de « contrôler systématiquement les arrêts de travail ».
Interrogé sur le conflit des urgences hospitalières, M. Douste-Blazy a annoncé qu’il avait « demandé aux trois responsables des syndicats urgentistes hospitaliers de venir le voir avec le directeur des hôpitaux, cette semaine, pour voir » dans chaque agence régionale d’hospitalisation « les endroits les plus chauds pour qu’on puisse donner les moyens » de fonctionnement nécessaires.
Par ailleurs, le ministre a évoqué plus généralement la crise de la permanence des soins et la nécessaire collaboration hôpital-médecins libéraux.
« Le décret est en Conseil d’Etat aujourd’hui, il oblige les préfets à mettre en place une concertation entre médecins libéraux et médecins hospitaliers pour qu’il y ait dans tous les secteurs une prise en charge des urgences. Si dans six mois, à l’évaluation de ce décret, je vois que ça ne fonctionne pas, je prendrai mes responsabilités », a dit M. Douste-Blazy.
« Je ne peux pas accepter qu’il y ait un kilomètre carré dans ce pays où il n’y ait pas de garde », a-t-il expliqué, précisant: « Je dirai à tous les secteurs qu’il faut trouver un système pour qu’il y ait une garde obligatoirement dans tous ces secteurs ».
Un message qui s’adresse notamment aux médecins libéraux alors que le régime du volontariat vaut aujourd’hui pour les gardes médicales.
[source – yahoo.com] (AFP)
