Le prince Rainier de Monaco est mort, Albert lui succède

Le prince Rainier III de Monaco est décédé mercredi matin à 81 ans au centre cardio-thoracique de Monaco, où il était hospitalisé depuis le 7 mars.

Les drapeaux de la principauté sur laquelle il a régné 55 ans, depuis le 11 avril 1950, qui étaient en berne depuis la mort de Jean Paul II samedi soir, sont restés hissés à mi-mât, ceints d’un crêpe noir.

Le corps du souverain devrait être transféré dans la journée de l’hôpital, où il s’est éteint à l’aube, au palais princier. Les obsèques doivent se tenir dans un délai de neuf jours.

L’archevêque de Monaco, Mgr Bernard Barsi, doit tenir à 16h00 une conférence de presse au cours de laquelle il devrait préciser le déroulement du deuil et l’organisation des funérailles.

En vertu de la Constitution monégasque, c’est le fils de Rainier, Albert, 47 ans, qui lui succède.

Le président Jacques Chirac a aussitôt présenté ses condoléances au nouveau souverain et à sa famille.

« Son Altesse Sérénissime le prince Rainier III est décédé le mercredi 6 avril 2005 à 6h35 du matin au Centre cardio-thoracique de Monaco des suites des affections broncho-pulmonaire, cardiaque et rénale qui avaient nécessité son hospitalisation dans ce centre le 7 mars dernier », a annoncé le palais dans un communiqué.

L’état du souverain s’était aggravé le 22 mars, obligeant ses médecins à le placer sous assistance respiratoire.

Depuis la brusque aggravation de son état de santé, ses enfants, le prince Albert, les princesses Caroline et Stéphanie, et parfois ses petits-enfants, s’étaient relayés à son chevet.

Au fil des jours, les bulletins de santé s’étaient faits plus alarmistes, précisant notamment que le souverain était maintenu en vie grâce à des séances de dialyses rénales, associées à l’assistance respiratoire.


« UNANIMEMENT RESPECTÉ »

Peu après l’annonce de sa mort, le diplomate français Patrick Leclerq, ministre d’Etat de la principauté, a prononcé un bref éloge funèbre du souverain défunt.

« L’heure est à la douleur et chacun ici se sent orphelin tant la principauté a été marquée par son empreinte au cours des 56 années de son règne », a-t-il déclaré d’une voix solennelle. « Rendons-lui dans la dignité et dans le respect l’immense hommage qui lui est dû pour une oeuvre dont le monde entier a recueilli l’écho et nous-même les bienfaits. »

« L’Etat souverain de Monaco est aujourd’hui plus fermement inscrit sur la carte et dans les esprits qu’il ne l’a jamais été. C’est à lui qu’il le doit », a ajouté Patrick Leclercq.

Il a adressé un message de « fidélité », de « très déférente sympathie » et d' »indéfectible attachement » aux trois enfants du défunt.

L’une des dernières décisions du prince Rainier avait été de choisir l’ancien préfet de police de Paris Jean-Paul Proust pour remplacer Patrick Leclerq aux fonctions de ministre d’Etat. Cette décision doit prendre effet le 1er mai.

Dans sa lettre au prince Albert, Jacques Chirac estime que Rainier a été une personnalité « unanimement respectée et très aimée dans la principauté », symbolisant « avec force » la « communauté de destin » entre Monaco et la France.

Le président de la République assure le nouveau souverain qu’il trouvera auprès de la France « amitié » et « attention ».

L’une des premières réactions françaises à la mort de Rainier était venue de Philippe Douste-Blazy, qui a appris la mort du souverain de Monaco alors qu’il était interrogé sur le déficit de la Sécurité sociale sur Europe 1.

« C’est triste parce que c’est un homme qui aura marqué très profondément et la principauté et toutes les relations entre les chefs d’Etat et la principauté de Monaco », a déclaré le ministre de la Santé, qui a estimé que le prince Albert était « tout à fait à même de continuer l’oeuvre de son père ».

[source – yahoo.com] (Reuters)