Les prix du pétrole se sont stabilisés mardi après avoir atteint de nouveaux records la veille, le marché restant soutenu par la perspective d’une nouvelle baisse des stocks d’essence aux Etats-Unis, en raison d’une demande vive et de capacités de raffinage limitées.
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le pétrole de qualité « light sweet crude » grappillait 4 cents à 57,05 dollars le baril vers 16H00 GMT (18H00 à Paris).
Il avait atteint un nouveau record en séance électronique lundi, à 58,28 dollars le baril, son plus haut niveau depuis le début de sa cotation en 1983.
A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord perdait 3 cents à 56,20 dollars en fin d’après-midi, après avoir inscrit la veille un nouveau record à 57,65 USD.
Les cours avaient légèrement reculé plus tôt ce mardi en raison de prises de bénéfices.
Mais ils ont ensuite réduit leurs pertes, le marché anticipant une baisse des stocks d’essence américains pour la cinquième semaine consécutive dans les chiffres hebdomadaires publiés chaque mercredi aux Etats-Unis.
Les analystes tablent sur un recul de 2 millions de barils (Mb) des stocks d’essence américains la semaine dernière. Ces réserves demeurent supérieures de 6,3% à leur niveau de l’an dernier à la même époque, mais le marché s’inquiète de l’approvisionnement à l’approche du coup d’envoi, en mai, de la haute saison de consommation.
« La hausse des cours (du brut) provient surtout de la chute des stocks d’essence en raison d’opérations de maintenance et de problèmes techniques dans plusieurs raffineries », soulignent les analystes de la maison de courtage Sucden.
« L’offre d’essence continue de s’amenuiser en raison d’une demande extrêmement élevée et de capacités de raffinage limitées », renchérit un courtier ayant souhaité rester anonyme.
Les stocks de brut américains sont à leur plus haut niveau depuis près de trois ans, et ils devraient avoir encore progressé de 2,5 Mb la semaine dernière, selon les analystes.
Mais les raffineries à travers le monde ne sont pas en mesure de traiter ce brut, soit parce qu’elles tournent déjà à plein régime, soit parce qu’elles ne sont pas assez sophistiquées pour traiter du brut lourd et soufré.
Les raffineries recherchent avant tout du brut léger dont la teneur naturelle en essence est beaucoup plus élevée celle du brut lourd.
En outre, la demande mondiale, notamment en Chine et en Inde, montre très peu de signes de fléchissement et le marché craint qu’elle n’excède fortement la production au 2nd semestre.
« Le marché craint qu’il n’y ait pas assez de brut pour répondre à la demande plus tard cette année, et nombreux sont ceux qui soulignent les dangers posés par ce scénario », note Simon Wardell, analyste du groupe de recherche Global Insight.
« Le marché est +super-haussier+ et ne regarde que les nouvelles susceptibles de pousser les cours à la hausse », estime-t-il.
Par ailleurs, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) envisage de relever à nouveau son plafond de production de 500.000 barils par jour, à 28 millions de baril par jour (mbj), d’ici deux semaines.
Mais au lieu de rassurer le marché, les efforts de l’Opep inquiètent, car plus le cartel augmente son offre, plus il se rapproche de sa capacité maximale de production et plus le marché se retrouve démuni contre toute perturbation des exportations dans l’avenir.
« Les perspectives pointent vers des prix élevés pendant longtemps, jusqu’à ce que la production et les capacités de raffinage ne rattrapent la demande », conclut Simon Wardell.
[source – yahoo.com] (AFP)
