Frits Bolkestein en visite à Paris

L’ancien commissaire européen néerlandais Frits Bolkestein, dont la directive sur les services dans l’Union européenne a suscité une violente opposition de la France, aboutissant à la décision de refondre le texte, sera à Paris la semaine prochaine pour répondre aux détracteurs du projet.

Il donnera notamment une conférence de presse mercredi à 10H00 au CAPE, le centre d’accueil de la presse étrangère, à la Maison de Radio France, 116 avenue du Président Kennedy, Paris 16ème.

M. Bolkestein a récemment dénoncé la « myopie » et la « xénophobie » des opposants français au projet de directive qui porte son nom, pour laquelle le sommet de Bruxelles du 23 mars a décidé une « remise à plat », à la demande notamment du président de la République Jacques Chirac.

M. Chirac a pesé de tout son poids pour obtenir le retrait de la directive dans sa forme actuelle, et tenter ainsi de supprimer un des arguments brandis par les tenants du « non » au référendum du 29 mai sur le traité constitutionnel européen.

Selon ceux-ci la directive présente un risque de « dumping social » se traduisant par des délocalisations dans les pays d’Europe orientale à bas niveau de vie.

Il y a deux semaines sur la chaîne de télévision publique des Pays-Bas, avant la décision de Bruxelles, M. Bolkestein avait estimé que l’idée que sa directive puisse déboucher sur du « dumping social » est une « pure idiotie », estimant que « les mouvements de gauche (français) résistent (au projet de directive) pour des raisons de politique politicienne », et « utilisent la directive pour attaquer le gouvernement français de droite ».

Il avait remarqué aussi « qu’il n’y a qu’en France qu’on mette aussi consciencieusement l’accent sur le caractère germanique de (son) nom ».

M. Bolkestein a quitté la commission européenne en novembre. « Mais puisque mon nom a été étroitement lié à cette question et que la pression monte, je vais me rendre à Paris dans deux semaines pour donner des interviews », avait-il dit à la télévision néerlandaise.

Rédigée il y a un an, le projet de directive « Bolkestein », aujourd’hui mise en question, vise à parachever le marché unique européen en donnant la possibilité aux fournisseurs de services – des comptables aux architectes – de travailler sans restrictions d’un bout à l’autre des 25 pays de l’Union.

La mesure la plus discutée de cette directive est le principe dit « de pays d’origine » qui signifie que les sociétés offrant des services dans les pays membres peuvent exercer sous les lois et règlements d’un seul pays.

M. Bolkestein, ancien chef de file du parti libéral néerlandais (VVD), est actuellement membre du conseil de surveillance de la banque nationale des Pays-Bas (DNB).

[source – yahoo.com] (AFP)