Un jeune « hacktiviste » devant le juge

Damien X, plus connu sur le Web sous le pseudonyme de DKD, devait passer en jugement le 21 décembre, au tribunal d’Arras. Cette date butoir a été repoussée sine die. Entre 2002 et 2003, le jeune pirate aurait attaqué plus de 2 000 sites Internet en toute impunité. Il remplaçait leurs pages d’accueil par des messages politiques pro-palestiniens, anti-américains, pro-tchétchènes…

Le 16 avril 2003, il s’en prend au site de la préfecture de région du Nord Pas-de-Calais. Le site de trop. L’institution dépose plainte, provoquant la chute du « pirate le plus recherché de France ».

Les plaintes des sites étrangers en suspens

Le 23 juin 2003, l’adolescent est interpellé à son domicile familial de Vélizy-Villacoublay (Yvelines) par le DIPJ de Lille (anciennement SRPJ) qui menait l »enquête. La mise en examen ne tarde pas à suivre pour accès et modification de données dans un système informatique.

L’« hacktiviste » a non seulement grimé des sites français, mais aussi étrangers (anglais, australiens…), jusqu’à s’en prendre au site de l’US Navy. « Il m »est d’arrivé [de pirater] six sites militaires et deux sites du gouvernement des États-Unis lors de l »attaque américaine sur l »Irak », se vantait DKD dans un entretien accordé en 2002 au site vulnerabilite.com.

« Pour le moment, les sites étrangers victimes de ses attaques ne se sont pas constitués partie civile, explique Sabine Corvaisier, substitut du procureur au tribunal d’Arras. Ils ont jusqu’au jour du procès pour le faire. » Seuls la préfecture de région et Insite, la société qui a conçu le site préfectoral, ont choisi d’aller en justice.

« Nous avons déposé plainte contre X pour atteinte à l’encontre d’un STAD [système automatisé de traitement de données, NDLR], par intrusion et modification de données », explique Sylvie Legrand, responsable administratif d »Insite.

« Son statut de mineur à l’époque ne modifie pas le fait qu’il a commis un délit. Il encourt cependant une peine un peu moins élevée que celle d’un adulte », explique Sabrina Bouchain, avocate au sein du cabinet IP IT Landwell. Conformément à la loi Godfrain, qui punit toute intrusion dans les STAD, DKD encourt une peine de trois ans de prison assortie d’une amende de 45 000 euros.

[source – yahoo.com] Par La rédaction 01net.